La prochaine grande plateforme d’IA de Meta pourrait avoir besoin de jambes.
Meta a racheté Assured Robot Intelligence (ARI), une start-up spécialisée dans la création de modèles d’intelligence artificielle pour les robots. L’opération, finalisée vendredi, a été confirmée par l’entreprise, qui n’a toutefois pas dévoilé ses modalités financières.
ARI, une start-up relativement modeste d’environ 20 employés, développe des modèles d’IA permettant aux robots, notamment humanoïdes, d’accomplir des tâches physiques et d’évoluer dans des environnements réels. Ses cofondateurs, Xiaolong Wang et Lerrel Pinto, ainsi que leur équipe, rejoindront Meta’s Superintelligence Labs, la division de recherche avancée en IA de l’entreprise.
L’équipe devrait travailler en étroite collaboration avec Meta Robotics Studio, une équipe interne qui se consacre à la création du matériel et des logiciels nécessaires aux robots humanoïdes. Meta a indiqué que cette équipe contribuerait à renforcer ses capacités dans les systèmes de contrôle robotique et les modèles d’autoapprentissage, notamment pour les mouvements humanoïdes mobilisant l’ensemble du corps.
Dans une publication sur X, Wang s’est dit enthousiaste à l’idée de rejoindre Meta, rappelant que la mission de l’entreprise depuis le premier jour était d’« atteindre l’AGI physique ». Wang a expliqué que, pour être véritablement utiles, les robots ne peuvent pas se contenter d’être des pantins télécommandés. « Nous pensons que cet agent sera humanoïde — et que le passage à l’échelle viendra de l’apprentissage direct à partir de l’expérience humaine, et pas uniquement de la téléopération », a écrit Wang sur X.
Pourquoi ARI compte pour Meta
Meta construit actuellement son propre Robotics Studio en interne, et ARI devrait lui fournir une intelligence de pointe permettant aux robots de se déplacer dans des environnements humains désordonnés, comme les cuisines et les entrepôts.
Un porte-parole de Meta a déclaré dans un communiqué que la start-up était « à la pointe de l’intelligence robotique conçue pour permettre aux robots de comprendre, de prédire et de s’adapter aux comportements humains dans des environnements complexes et dynamiques ».
En intégrant ARI, Meta espère résoudre le problème du contrôle de l’ensemble du corps — autrement dit, apprendre à un robot à garder son équilibre, à utiliser ses mains et à marcher simultanément tout en interagissant avec les humains.
L’Android de la robotique
Cette acquisition s’inscrit dans un projet bien plus vaste — et très coûteux — pour Meta. L’entreprise a récemment relevé ses prévisions de dépenses pour 2026, qui devraient désormais se situer entre 125 milliards et 145 milliards de dollars US, selon The Wall Street Journal. Une grande partie de cet argent est réorientée du métavers vers l’IA physique.
L’objectif final de Meta ne semble pas être de construire un seul robot, mais plutôt de créer le système d’exploitation de toute l’industrie. Le directeur technique de Meta, Andrew Bosworth, avait précédemment laissé entendre que l’entreprise voulait faire pour les robots ce qu’Android de Google a fait pour les smartphones.
L’objectif est de créer des logiciels que d’autres entreprises pourront exploiter sous licence. Meta se retrouve ainsi engagé dans une course aux armements directe avec le projet Optimus de Tesla et Amazon, qui a récemment mis la main sur l’ancienne entreprise de Lerrel Pinto, Fauna Robotics, pour développer ses propres robots humanoïdes.
Meta a clairement indiqué que son objectif à long terme allait au-delà des réseaux sociaux : l’entreprise souhaite plutôt construire ce que son PDG Mark Zuckerberg a décrit comme une « superintelligence personnelle ». L’intégration d’ARI renforce cette vision, en particulier dans le monde physique, où les systèmes d’IA doivent interagir avec les humains et leur environnement en temps réel.
Pour découvrir plus en détail les robots qui façonnent ce secteur, consultez notre classement des meilleurs robots humanoïdes, avec Tesla, Unitree et d’autres acteurs majeurs en lice pour un déploiement dans le monde réel.

