Le Fonds monétaire international (FMI) vient d’envoyer un signal inattendu : l’économie mondiale pourrait être plus solide que prévu en 2026.
Dans ses dernières perspectives, le FMI a relevé sa prévision de croissance, évoquant la persistance des investissements dans l’intelligence artificielle, alors que les tensions commerciales et les risques liés aux droits de douane continuent de planer sur l’économie mondiale. Le message est prudemment optimiste… mais seulement dans une mesure limitée.
Une légère révision aux implications mondiales
Le FMI prévoit désormais une croissance mondiale de 3,3 % en 2026, soit une hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport à son estimation d’octobre, tout en maintenant sa projection de croissance pour 2025 au même niveau. Cette révision à la hausse montre que le frein lié au commerce devrait être moins marqué que l’an dernier.
La révision est liée à l’apaisement des tensions tarifaires et à la poursuite des dépenses associées au déploiement de l’IA. Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du FMI, a déclaré à Reuters que l’économie mondiale est restée résiliente tandis que les entreprises s’adaptent à l’environnement commercial actuel.
Les moteurs qui tirent la croissance mondiale
Selon le FMI, les gains récents sont concentrés dans un nombre limité de secteurs liés aux technologies, plutôt que largement répartis dans l’économie mondiale. Il a noté qu’une grande partie de cette dynamique provient de secteurs associés à l’informatique avancée et aux infrastructures connexes.
Cette concentration est particulièrement visible aux États-Unis, où les investissements fortement axés sur les technologies contribuent davantage à la croissance qu’en Europe, qui profite moins du cycle actuel. Le FMI a prévenu que cette répartition inégale rend la croissance mondiale dépendante d’un groupe limité de moteurs, augmentant sa sensibilité aux évolutions des conditions d’investissement.
L’inflation ralentit tandis que la croissance se maintient
L’inflation mondiale devrait continuer de refluer, atténuant une pression majeure qui a pesé sur la croissance ces dernières années. Le FMI prévoit un nouveau ralentissement de la hausse des prix en 2026, offrant un contexte plus favorable à l’activité économique.
Les tendances des prix varient encore selon les régions, les pressions devant revenir à leur niveau cible plus progressivement aux États-Unis que dans les autres grandes économies. Le FMI a déclaré que cette tendance à l’apaisement devrait contribuer à stabiliser la croissance, tandis que les économies s’adaptent à des rythmes de reprise différents et à une incertitude persistante sur le plan des politiques publiques.
Quand l’optimisme se heurte à l’incertitude
Selon le FMI, les risques entourant les perspectives restent orientés à la baisse malgré une croissance globale stable. Il a averti qu’une réévaluation des anticipations de productivité liées aux technologies avancées pourrait ralentir les investissements et provoquer une correction des valorisations élevées des marchés.
Dans les scénarios défavorables, un ajustement plus large des marchés pourrait réduire la croissance mondiale d’environ 0,4 point de pourcentage. La persistance de l’incertitude sur les politiques commerciales, notamment les contestations judiciaires visant le pouvoir d’imposer des droits de douane et les tensions géopolitiques, a également été citée comme une source potentielle de nouvelles perturbations pour les chaînes d’approvisionnement et les marchés financiers.
Le FMI a averti que la dépendance à un ensemble restreint d’entreprises et de secteurs accroît la vulnérabilité aux évolutions du sentiment, des politiques publiques ou des conditions financières, tout en laissant ses perspectives de référence inchangées.
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