La course au pilotage vocal d’essaims de drones a commencé.
SpaceX participe à un concours du Pentagone doté de 100 millions de dollars US visant à développer un logiciel permettant aux commandants sur le champ de bataille de contrôler de grandes flottes de drones autonomes au moyen de commandes en langage courant, selon Bloomberg.
L’initiative, menée par la Defense Innovation Unit, est conçue comme une compétition rapide visant à créer une couche de commande vocale capable de coordonner de grands groupes de systèmes autonomes. Bloomberg rapporte que les entreprises sélectionnées passeront par plusieurs phases de tests, avec à la clé la possibilité de décrocher des contrats de défense ultérieurs.
Au-delà des lancements et des satellites
SpaceX étend sa présence dans le secteur de la défense au-delà des fusées et des réseaux satellitaires, en entrant dans l’univers des systèmes autonomes par le biais de cette compétition soutenue par le Pentagone. L’entreprise y participe aux côtés de sa intelligence artificielle (IA) filiale, xAI, qui a récemment fusionné avec SpaceX afin de regrouper l’ingénierie et le développement de l’IA au sein d’une même structure.
Après la fusion, xAI a étoffé ses équipes afin de traduire les instructions vocales données sur le champ de bataille en commandes lisibles par machine, que les plateformes autonomes peuvent exécuter en temps réel. L’effort fait de SpaceX un prétendant sérieux dans la couche logicielle qui relie le commandement humain à la réponse coordonnée des systèmes.
Quand les déclarations passées se heurtent aux contrats actuels
L’engagement accru de Musk dans l’IA militaire marque une rupture avec ses précédentes prises de position publiques. En 2015, il a signé une lettre ouverte appelant à l’interdiction des armes autonomes et a mis en garde à plusieurs reprises contre les dangers d’une IA avancée.
La récente intégration de xAI à SpaceX et la montée en puissance d’équipes d’ingénieurs habilités, associées à des projets gouvernementaux, mettent ces avertissements en contraste avec le rôle croissant de l’entreprise dans le domaine de l’IA liée à la défense.
Au cœur de la stratégie d’orchestration autonome du Pentagone
Le programme s’articule autour de ce que les responsables appellent un Autonomous Vehicle Orchestrator, une couche de contrôle destinée à transformer l’intention d’un commandant en actions coordonnées au sein de systèmes distribués. Les opérateurs n’auraient plus à programmer manuellement chaque plateforme ; l’approche consiste à assigner des missions à des moyens aériens et navals au moyen d’instructions en langage naturel, tout en gardant fermement les décideurs humains aux commandes.
La Defense Innovation Unit dirige ce concours avec le Defense Autonomous Warfare Group et l’US Navy, le considérant comme une voie rapide vers une capacité opérationnelle.
Les entreprises progressent au fil de cycles itératifs qui mettent à l’épreuve des scénarios de plus en plus complexes, et seules celles qui terminent chaque phase passent à la suivante. Les sociétés qui démontrent leurs performances peuvent obtenir des contrats ultérieurs, faisant passer les efforts des tests de prototypes au déploiement sur le terrain.
D’autres entreprises d’IA participent également à cette initiative plus vaste. Bloomberg rapporte qu’ OpenAI apporte son soutien à certains partenaires technologiques de la défense au moyen d’outils de traduction de la voix vers le numérique, sans toutefois être responsable de l’intégration des armes ni du ciblage.
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