La nouvelle promesse de Huawei en matière de santé semble tout droit sortie du futur du suivi de la glycémie par les objets connectés. La réalité est plus complexe.
La Huawei Watch GT 6 Pro intègre une fonctionnalité d’étude du risque de diabète qui signale une éventuelle hyperglycémie, mais elle ne mesure pas directement la glycémie et ne remplace pas un dispositif médical de mesure du glucose. Huawei semble plutôt emprunter une voie différente du rêve, évoqué depuis longtemps, d’une mesure du glucose sans aiguille avec une montre connectée : exploiter des capteurs portables, des algorithmes et des tendances de santé observées sur le long terme pour identifier un risque potentiel.
Cette distinction est importante. Pour les consommateurs, les acheteurs informatiques et les équipes spécialisées dans la santé numérique qui suivent le marché des objets connectés, les avancées de Huawei montrent la direction que prend le suivi de la santé par les montres connectées, ainsi que les limites que la technologie n’a pas encore franchies.
Les montres Huawei peuvent-elles mesurer la glycémie ?
La fonctionnalité de Huawei dédiée au risque de diabète ne fonctionne pas comme un capteur de glucose en continu ni comme un lecteur de glycémie par piqûre au doigt.
La fonctionnalité liée au diabète de la Watch GT 6 Pro est un outil d’évaluation du risque, pas un dispositif de suivi de la glycémie. Elle n’affiche pas de mesures de glucose en mg/dL ou en mmol/L. Elle n’est pas non plus destinée à diagnostiquer le diabète, à guider le dosage de l’insuline ou à remplacer les analyses de laboratoire.
Cette fonctionnalité s’apparente donc davantage à un système d’alerte précoce qu’à un outil de mesure médicale. La montre recueille des signaux de santé au fil du temps et les utilise pour estimer le risque d’hyperglycémie (taux élevé de sucre dans le sang) de l’utilisateur.
Fonctionnement de l’étude du risque de diabète de Huawei
La fonctionnalité d’étude du risque de diabète de Huawei demande aux utilisateurs de porter la montre pendant plusieurs jours avant de fournir une évaluation. Selon la couverture précédente de TechRepublic, la fonctionnalité analyse de trois à 14 jours de données recueillies au poignet avant de produire une évaluation du risque.
Cette approche est importante, car le risque de diabète n’est pas la même chose que le suivi de la glycémie. Un capteur de glucose en continu mesure le taux de glucose à l’aide d’un petit capteur inséré sous la peau. La fonctionnalité de Huawei intégrée à la montre utilise au contraire des signaux non invasifs issus de l’objet connecté pour rechercher des tendances susceptibles d’être corrélées à un risque métabolique.
Pour les utilisateurs, la conclusion pratique est simple : cette fonctionnalité peut inciter quelqu’un à demander un examen médical ou à prêter davantage attention à sa santé, mais elle ne doit pas être considérée comme une mesure clinique.
Le calendrier du suivi de la santé chez Huawei
La fonctionnalité de Huawei dédiée au risque de diabète n’est pas apparue de nulle part. Elle s’inscrit dans une démarche plus large visant à faire passer les montres connectées du statut d’accessoires de fitness à celui de dispositifs de dépistage de la santé.
2022 : la Huawei Watch D mise sur le suivi de la tension artérielle
La gamme Watch D a contribué à établir la stratégie d’objets connectés axée sur la santé de l’entreprise en se concentrant sur le suivi de la tension artérielle. Contrairement à de nombreuses montres connectées qui estiment les tendances de santé à l’aide des seuls capteurs optiques, la Watch D utilise un mécanisme semblable à un brassard gonflable intégré au bracelet.
La tension artérielle constituait donc une première cible naturelle pour Huawei : c’est un indicateur de santé familier et largement utilisé, plus facile à expliquer qu’un dépistage métabolique expérimental.
2024 : la Huawei Watch D2 ajoute le suivi de la tension artérielle sur 24 heures
La Huawei Watch D2 a approfondi cette approche avec un suivi ambulatoire de la tension artérielle. Huawei affirme que la D2 peut suivre un programme de surveillance sur 24 heures et mesurer la tension artérielle de jour comme de nuit.
Huawei commercialise également la Watch D2 comme certifiée CE-MDR dans les marchés pris en charge. Cette distinction doit être interprétée en tenant compte des limites régionales, puisque Huawei précise que les fonctionnalités de santé et leur disponibilité peuvent varier selon le pays ou la région.
2024 : Huawei présente TruSense
Huawei a dévoilé TruSense en août 2024 comme plateforme de capteurs et d’algorithmes destinée à ses objets connectés de nouvelle génération.
L’entreprise a indiqué que TruSense avait été conçu pour améliorer la rapidité, la précision et la couverture du suivi de la santé. Huawei a décrit le système comme mesurant plus de 60 indicateurs de santé et de forme physique répartis entre six grands systèmes corporels.
Cette plateforme constitue le fil conducteur de cette évolution. La tension artérielle, la fréquence cardiaque, la SpO2, le stress, le bien-être émotionnel et l’évaluation du risque de diabète reposent tous sur le pari plus large de Huawei : davantage de capteurs et de meilleurs algorithmes peuvent transformer les données passives des objets connectés en signaux de santé utiles.
2026 : la Huawei Watch GT 6 Pro introduit les alertes de risque de diabète
L’étude du risque de diabète de la Watch GT 6 Pro constitue la dernière étape de cette progression. Plutôt que de prétendre mesurer directement la glycémie, Huawei présente la montre comme un moyen d’évaluer le risque au fil du temps.
Cette approche est peut-être moins spectaculaire qu’un véritable capteur de glucose non invasif, mais elle est aussi plus plausible à court terme. Les entreprises technologiques grand public cherchent depuis des années à intégrer le suivi de la glycémie aux montres connectées, mais un suivi précis du glucose sans aiguille et homologué par la FDA reste un problème non résolu pour les objets connectés grand public.
Pourquoi cela n’équivaut pas à un suivi du glucose
La différence entre le « suivi de la glycémie » et les « alertes de risque de diabète » n’est pas qu’une question de sémantique. C’est toute l’histoire.
Le suivi de la glycémie exige des mesures précises et fournies au bon moment, car les personnes diabétiques peuvent s’appuyer sur ces chiffres pour prendre des décisions concernant leurs médicaments, leur alimentation et leur activité physique. Une mesure erronée peut avoir de graves conséquences.
C’est pourquoi les autorités de réglementation se montrent prudentes. La Food and Drug Administration des États-Unis a mis en garde les consommateurs contre l’utilisation de montres connectées ou de bagues connectées qui prétendent mesurer la glycémie sans percer la peau. L’agence a déclaré ne pas avoir autorisé ces appareils à mesurer ou à estimer de manière autonome les valeurs de glycémie.
La fonctionnalité de Huawei dédiée au risque de diabète évite une partie de ce danger en ne se présentant pas comme un remplacement d’un lecteur de glycémie. Toutefois, le langage destiné aux consommateurs autour de la « glycémie » peut facilement prêter à confusion.
Ce qui fonctionne aujourd’hui
La force actuelle de Huawei n’est pas la mesure directe de la glycémie. Elle réside dans la détection de tendances de santé plus larges.
Ce qui fonctionne aujourd’hui :
- Le suivi de la tension artérielle sur des appareils comme la Watch D2 est pris en charge dans certaines régions.
- La collecte de tendances de santé sur plusieurs jours via Huawei Health.
- Des fonctionnalités d’évaluation du risque susceptibles d’inciter les utilisateurs à demander un avis médical.
- Une plateforme de capteurs plus étendue grâce à TruSense.
Ce qui ne fonctionne pas aujourd’hui :
- La mesure directe de la glycémie avec une montre connectée.
- Le remplacement d’un capteur de glucose en continu ou d’un test par piqûre au doigt.
- Le diagnostic médical du diabète à partir d’une montre Huawei seule.
- La prise de décisions thérapeutiques fondées uniquement sur les alertes de risque de la montre connectée.
Les prochaines étapes à surveiller
La prochaine phase dépendra de la validation, de la réglementation et de la disponibilité.
Une validation indépendante serait importante pour démontrer la précision de l’évaluation du risque de diabète de Huawei auprès de populations, de carnations, de morphologies et de personnes présentant différents problèmes de santé. L’entreprise devra également composer avec la réglementation sur les dispositifs médicaux de chaque marché où la fonctionnalité est proposée.
La question centrale est de savoir si le modèle d’évaluation du risque de Huawei deviendra la voie réaliste à court terme pour les fabricants de montres connectées. Apple, Samsung et d’autres entreprises du secteur des objets connectés ont toutes été associées à des projets de mesure non invasive du glucose, mais aucune n’a encore lancé un véritable capteur de glucose intégré à une montre connectée auprès du grand public.
Pour l’instant, l’approche de Huawei relève moins d’une avancée décisive dans le suivi de la glycémie que d’un signal d’alerte. La montre connectée ne peut toujours pas remplacer un lecteur de glycémie, mais elle pourrait devenir plus efficace pour indiquer aux utilisateurs que leurs données de santé méritent un examen plus attentif.
Note de la rédaction : cet article a été publié à l’origine dans notre publication sœur, TechRepublic.

