Tokyo se prépare à tester si un avenir rempli de robots peut résister au contact de la vie urbaine réelle.
Selon Nikkei Asia, l’Institute of Science Tokyo prévoit un quartier dans l’arrondissement de Meguro où des robots humanoïdes, des transports automatisés et des services dopés à l’IA fonctionneraient autour des habitants et des visiteurs. Le projet transformerait une partie de la ville en banc d’essai grandeur nature pour des technologies habituellement confinées aux laboratoires.
Qui aura le droit de vivre au cœur de l’expérience ?
« La clé pour concrétiser les villes du futur »
Un complexe de 39 étages à Tokyo servirait de premier site d’essai physique au projet, dont les premières sections devraient ouvrir durant l’année fiscale 2031. Le site est actuellement occupé par un lycée affilié, qui devrait déménager en 2027.
Les chercheurs veulent que le quartier fonctionne comme un laboratoire vivant pour l’«IA physique », un terme désignant les systèmes d’IA qui interagissent avec le monde réel grâce à des robots, des capteurs et des infrastructures automatisées. NTT Urban Development prend en charge la construction principale et le réaménagement du site, tandis qu’environ 70 entreprises et organisations participent au projet, dont NTT, Hitachi et Denso.
Kei Sakaguchi, professeur participant au projet, a qualifié les robots humanoïdes de « clé pour concrétiser les villes du futur ».
Une démonstration bien rodée peut dissimuler beaucoup de difficultés. Dans un quartier, les robots devraient composer avec des passages encombrés, des arrêts soudains, les horaires de livraison, les demandes de service et des personnes qui ne se déplacent pas comme des sujets de test.
Le Japon teste l’automatisation là où vivent les gens
Les systèmes prévus comprennent des transports autonomes, livraisons par drone, un suivi de santé assisté par l’IA et une production alimentaire aidée par la robotique. Les robots humanoïdes seraient la partie la plus visible de cet ensemble, occupant des espaces publics que les habitants pourraient fréquenter au quotidien.
La nourriture fait également partie de l’expérience. Le quartier pourrait accueillir des robots qui cultivent des légumes, tandis que les restaurants pourraient utiliser les données de santé provenant de appareils portables pour adapter les repas aux visiteurs.
Woven City de Toyota offre un premier aperçu
Toyota mène déjà une expérience similaire près du mont Fuji. Woven City, la ville expérimentale du constructeur automobile, offre aux entreprises un lieu où étudier la robotique, l’IA et la mobilité autonome au sein d’une communauté conçue pour des essais contrôlés.
Les premiers habitants, appelés « weavers », vivent déjà dans la première phase de la ville, selon l’article de Yahoo. Leur quotidien fait partie de l’expérience : ils empruntent des rues partagées avec des véhicules autonomes et interagissent avec des systèmes de livraison et des robots domestiques.
Woven City montre pourquoi les villes contrôlées séduisent les entreprises qui travaillent sur l’automatisation. Les chercheurs peuvent observer la manière dont les habitants réagissent aux nouveaux systèmes avant que ces outils ne soient confrontés aux routes publiques, aux réglementations municipales et à des évaluations de sécurité plus approfondies.
Les pénuries de main-d’œuvre et le vieillissement de la population au Japon expliquent l’intérêt croissant pour l’automatisation des services courants. Les chercheurs et les entreprises testent la capacité des robots et des systèmes d’IA à soutenir le travail quotidien lorsque les effectifs sont insuffisants.
Si le projet de l’arrondissement de Meguro progresse, les robots pourraient n’être qu’un élément d’un déploiement matériel bien plus vaste.
Les robots HMND 01 de Humanoid franchissent une étape vers une production à l’échelle industrielle après un projet pilote de manutention de boîtes en Allemagne.

