En septembre 2024, Matthew Gallagher a lancé une start-up de télésanté depuis son domicile à Los Angeles avec 20 000 dollars, une douzaine d’outils d’IA et aucun employé. Dix-huit mois plus tard, Medvi est en bonne voie pour réaliser 1,8 milliard de dollars de ventes cette année.
Sa seule recrue ? Son petit frère.
Gallagher s’est servi de l’IA pour écrire le code, produire les textes du site web, générer des images et des vidéos publicitaires, gérer le service client et analyser les performances de l’entreprise. Il a combiné ChatGPT, Claude, Grok, Midjourney, Runway et ElevenLabs pour faire tourner une activité qui nécessiterait, dans la plupart des entreprises, toute une armée de collaborateurs.
Voici comment cela fonctionnait concrètement
- Il a utilisé CareValidate et OpenLoop Health (deux plateformes de « télésanté clé en main ») pour gérer les médecins, les pharmacies, les prescriptions et les expéditions. Cela lui a permis de se concentrer entièrement sur la partie visible : l’image de marque, le marketing et l’expérience client.
- Il a créé des agents d’IA pour permettre à ses systèmes logiciels de communiquer automatiquement.
- Il a testé des outils de synthèse vocale par IA pour les appels clients. Il a même créé un clone IA de sa propre voix pour gérer ses rendez-vous personnels et rester concentré sur l’entreprise.
Le site web initial comportait des photos de mannequins générées par l’IA ainsi que des photos avant-après dont les visages avaient été remplacés par l’IA. De son propre aveu, certaines publicités relevaient de la « bouillie d’IA ». Il a ensuite nettoyé tout cela à mesure que le chiffre d’affaires augmentait, en remplaçant ces visuels par de vraies photos de clients, en passant de LegalZoom à un cabinet d’avocats et en remplaçant les outils de comptabilité par IA par un véritable cabinet comptable.
Le modèle économique lui-même n’avait rien de révolutionnaire, car Medvi est simplement un intermédiaire pour les médicaments amaigrissants de type GLP-1, qui se branche sur des plateformes de télésanté existantes pour les médecins, les pharmacies et les expéditions. La nouveauté résidait dans la sobriété avec laquelle il l’a dirigée.
En chiffres
- 20 000 dollars pour lancer l’ensemble
- 300 clients le premier mois, 1 000 de plus le deuxième mois
- 401 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, sa première année complète
- 16,2 % de marge bénéficiaire nette (Hims & Hers, un concurrent coté en Bourse comptant plus de 2 400 employés, a atteint 5,5 %)
- 250 000 clients à la fin de 2025
Tout n’a pas été facile. Le chatbot du service client inventait des prix de médicaments et des produits imaginaires que Medvi ne vendait pas. Une petite mise à jour du site web a un jour cassé le processus de paiement, et Gallagher a quitté précipitamment une randonnée pour rentrer régler le problème seul.
Sam Altman avait prédit ce moment en 2024 : une entreprise d’un milliard de dollars dirigée par une seule personne « aurait été inimaginable sans l’IA ». Il a déclaré au NYT penser avoir gagné un pari sur le calendrier face à ses amis PDG, et vouloir « rencontrer le gars ».
Notre analyse
Gallagher a démarré avec des publicités faites de bouillie d’IA, LegalZoom et un logiciel de comptabilité par IA.
Cela n’avait aucune importance au départ, mais il a tout amélioré par la suite, une fois qu’il avait les moyens de le faire. La leçon n’est pas de « démarrer à la perfection ». C’est qu’une solution suffisamment bonne permet d’atteindre le niveau supérieur, et que ce niveau supérieur finance l’amélioration. Ce qui a réellement fait la différence, c’est sa volonté de commencer par tout faire lui-même : construire, casser, réparer et apprendre à maîtriser suffisamment les outils d’IA pour les mettre à son service.
La véritable clé réside dans l’association de la détermination et de la maîtrise de l’IA. Ces outils sont accessibles à tous, mais c’est à vous seul qu’il revient de trouver comment les exploiter. Il suffit d’une idée et de la volonté de la faire grandir malgré les difficultés et les limites.
Note de la rédaction : cet article a d’abord été publié dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour découvrir d’autres articles de The Neuron, inscrivez-vous ici à sa newsletter.

