Sur une portion quelconque de 7 Mile Road, coincée entre des terrains industriels et des fast-foods, des guerriers métalliques de neuf pieds tirent des projectiles explosifs les uns sur les autres à l’intérieur d’une église.
Et les gens paient cher pour regarder.
Depuis ses débuts l’été dernier, ce spectacle en direct, baptisé Robowar, affiche régulièrement complet.
Le lieu peut en surprendre plus d’un : Global Empowerment Ministries, une église fondée par l’entrepreneur Art Cartwright, a transformé une partie de ses locaux en champ de bataille pour un déchaînement mécanique. Derrière une vitre pare-balles, d’imposants robots aux yeux rouges lumineux s’affrontent tandis que plus de 500 fans les encouragent depuis les bancs — enfin, les sièges de l’auditorium.
« Nous avons ces gladiateurs métalliques de neuf pieds qui tirent des projectiles explosifs à raison de 20 tirs par seconde », a déclaré Cartwright à Neda Ulaby, de NPR.
Les deux activités, l’église et la ligue de combats de robots, partagent les mêmes locaux, mais guère davantage, a expliqué Cartwright. Cette folie obéit pourtant à une certaine logique. Il considère ce spectacle comme un moyen de donner aux jeunes le goût de la robotique, d’autant que la région de Detroit est la première du pays dans ce domaine.
Inspirés de la science-fiction et des super-héros
Les robots sur scène sont loin d’être les machines industrielles utilisées dans les usines automobiles. Ils ressemblent plutôt à de gigantesques super-héros mécaniques, avec des yeux lumineux, une armure lourde et des entrées théâtrales.
Cartwright a expliqué à NPR que la culture des comics avait joué un rôle majeur dans la conception du spectacle.
« Je suis fan de Marvel, a-t-il dit. Alors je me suis dit : d’accord, fabriquons des robots qui ressemblent à des super-héros. »
Les combats de robots comme divertissement ont depuis longtemps nourri l’imaginaire du public. Le concept est apparu il y a plusieurs décennies dans la nouvelle Steel, publiée en 1956 par Richard Matheson, avant d’inspirer le film Real Steel, sorti en 2011. Robowar s’inscrit dans cette même fascination, mais lui donne vie avec des artistes à l’intérieur de combinaisons de méchas de neuf pieds.
Trash-talk et machines dansantes
L’auditorium de 572 places affiche complet depuis le lancement de la ligue. Les billets commencent à environ 50 dollars US. Cartwright voit encore plus grand : des combats diffusés en streaming et interactifs, où les spectateurs à distance pourraient acheter des jetons virtuels pour contrôler l’action. Il a déjà créé des personnalités dotées d’une IA pour des robots représentant 30 villes différentes.
« Ils se trash-talkent sur le fric », a-t-il déclaré en riant.
Le spectacle met également en vedette de véritables robots autonomes de l’entreprise chinoise Unitree, des chiens robots, ainsi que des humanoïdes qui dansent et prennent la pose. Certains modèles se vendent à moins de 20 000 dollars US chez Walmart. Lors d’un numéro, un spectateur a participé à un concours de danse face à un robot nommé Halo, qui a enchaîné d’impressionnants tours et flips.
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