Une récente enquête de The Guardian a révélé une forte hausse du nombre d’étudiants d’universités britanniques pris en train d’utiliser des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT pour tricher dans leurs devoirs. Alors que les formes traditionnelles de plagiat sont en recul dans les établissements universitaires, la triche facilitée par l’IA s’impose comme une menace complexe et en rapide évolution.
Nombre de cas de triche assistée par l’IA par rapport au plagiat traditionnel
Les réponses obtenues au titre de la loi sur la liberté d’information auprès de 131 universités donnent une vision claire de cette tendance. Au cours de l’année universitaire 2023-24, près de 7 000 cas avérés de triche assistée par l’IA ont été recensés, soit 5,1 cas pour 1 000 étudiants. Cela représente une hausse importante par rapport aux 1,6 cas pour 1 000 étudiants enregistrés lors de l’année universitaire précédente (2022-23). Les premiers chiffres pour l’année universitaire en cours, arrêtés au mois de mai, suggèrent que ce nombre continuera d’augmenter, pour atteindre environ 7,5 cas avérés pour 1 000 étudiants d’ici à la fin de l’année.
The Guardian a constaté que les cas traditionnels de plagiat – c’est-à-dire les plagiats qui ne sont pas assistés par l’IA – sont passés de 19 cas pour 1 000 étudiants en 2022-23 à 15,2 en 2023-24. Les prévisions pour l’année universitaire en cours situent ce chiffre autour de 8,5 pour 1 000. Cette évolution souligne un changement dans les méthodes employées par les étudiants pour obtenir un avantage déloyal.
Cependant, plus de 27 % des répondants n’ont pas enregistré l’utilisation abusive de l’IA comme une catégorie distincte de faute académique l’an dernier, ce qui révèle des lacunes dans le suivi et la prise de conscience au niveau des établissements.
Pourquoi la détection des travaux plagiés reste difficile
Une étude menée l’an dernier par des chercheurs de l’University of Reading a révélé que leurs systèmes d’évaluation n’ont pas détecté les travaux générés par l’IA dans 94 % des cas. Dr. Peter Scarfe, associate professor of psychology à l’University of Reading et coauteur d’une étude consacrée à la question, a déclaré à The Guardian : « J’imagine que les personnes prises en flagrant délit ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. »
Plusieurs raisons expliquent pourquoi la détection du plagiat reste difficile : les outils d’IA gagnent en sophistication et d’autres ressources en ligne apparaissent. L’enquête de The Guardian a notamment montré que des plateformes de réseaux sociaux comme TikTok hébergent de nombreuses vidéos faisant la promotion d’outils de paraphrase et de générateurs de dissertations fondés sur l’IA ; ces outils sont présentés comme des moyens d’« humaniser » les textes rédigés par une machine.
La réponse du gouvernement britannique
Le gouvernement britannique a reconnu les difficultés que l’IA pose à l’éducation. Un porte-parole a déclaré à The Guardian : « L’IA générative offre un grand potentiel de transformation de l’éducation… Toutefois, l’intégration de l’IA dans l’enseignement, l’apprentissage et l’évaluation nécessitera une réflexion approfondie. »
Pour accompagner cette transition, le gouvernement britannique a alloué 187 millions de livres sterling dans le cadre de programmes nationaux de développement des compétences et a publié des recommandations sur l’utilisation de l’IA dans les écoles.
Lisez la couverture d’eWeek consacrée au rôle encore incertain de l’IA dans l’enseignement supérieur.

