La nouvelle start-up d’IA de Mira Murati vient de décrocher ce dont tous les laboratoires travaillant sur des modèles de pointe ont désespérément besoin : davantage de puissance de calcul.
Google a signé un nouvel accord pour élargir son partenariat cloud avec sa start-up d’IA, Thinking Machines Lab. Cet accord connecte de fait l’entreprise au puissant matériel « AI Hypercomputer » de Google, donnant à la jeune entreprise la puissance brute dont elle a besoin pour entraîner sa prochaine génération de modèles de pointe.
Si le montant exact n’a pas été rendu public, des sources au fait de l’accord ont déclaré à TechCrunch que celui-ci se chiffrait à « plusieurs milliards ».
Thinking Machines, que Murati a lancé début 2025 après son départ très médiatisé de son poste de Chief Technology Officer chez OpenAI, est déjà valorisé à 12 milliards de dollars malgré son jeune âge.
Accéder à l’« AI Hypercomputer »
Dans le cadre du nouvel accord, Thinking Machines Lab bénéficiera d’un accès massif à l’infrastructure « AI Hypercomputer » de Google. Il ne s’agit pas d’un simple stockage cloud standard : c’est une pile spécialisée de matériel et de logiciels conçue spécifiquement pour la tâche éprouvante que représente l’entraînement de modèles de pointe.
La start-up sera l’une des premières à utiliser les machines virtuelles A4X Max de Google, qui fonctionnent avec les dernières puces Blackwell (GB300) de Nvidia. Lors de premiers tests, le laboratoire a constaté que les vitesses d’entraînement et de mise à disposition avaient doublé par rapport aux technologies précédentes.
« En exploitant A4X Max et la pile intégrée AI Hypercomputer, Google Cloud nous a permis d’atteindre une vitesse record avec la fiabilité que nous exigeons », a déclaré Myle Ott, chercheur fondateur chez Thinking Machines Lab, dans un communiqué publié par Google.
Construire le moteur Tinker
Le partenariat vise à alimenter Tinker, le premier produit de Thinking Machines Lab, lancé en octobre dernier. Tinker est un outil destiné à aider les organisations à automatiser la création de leurs propres modèles d’IA.
Le système repose largement sur l’apprentissage par renforcement. Or celui-ci est extrêmement gourmand en données et en puissance de calcul. Pour y remédier, Thinking Machines Lab puise dans la riche boîte à outils de Google, en utilisant des services tels que la base de données Spanner et Google Kubernetes Engine afin de faire fonctionner sans heurts ses systèmes massifs.
Mark Lohmeyer, VP & GM of AI and Computing Infrastructure chez Google Cloud, a souligné que le partenariat devait aider le laboratoire à accélérer encore davantage.
« Grâce à ce nouvel accord et à notre partenariat étroit avec NVIDIA, nous aiderons Thinking Machines à accélérer encore, en utilisant l’AI Hypercomputer de Google Cloud, qui réunit du matériel conçu spécifiquement pour cette tâche, des logiciels ouverts et des modèles de consommation flexibles au sein d’une architecture optimisée », a déclaré Lohmeyer.
L’initiative de Google intervient alors que la guerre de la puissance de calcul atteint son paroxysme. Cette semaine encore, Anthropic a signé un accord colossal avec Amazon pour garantir 5 gigawatts de puissance. Google a également récemment conclu un accord avec Anthropic pour ses propres puces personnalisées.
Si Thinking Machines Labs a déjà obtenu un « investissement important » de Nvidia et prévoit d’utiliser ses puces Rubin de nouvelle génération en 2027, cet accord avec Google lui fournit immédiatement la puissance de feu nécessaire pour rivaliser dès aujourd’hui.
À lire aussi : Google Cloud s’attaque directement à Nvidia avec de nouvelles puces TPU conçues séparément pour l’entraînement et l’inférence, une initiative qui montre comment la bataille des infrastructures d’IA s’étend au-delà des GPU.

