Cela fait environ un an que nous avons parlé pour la dernière fois de Waymo, l’entreprise de voitures autonomes d’Alphabet. Depuis, une vaste étude évaluée par des pairs a analysé les performances de Waymo sur 56 millions de miles parcourus uniquement avec des passagers (c’est-à-dire sans humain au volant), et les résultats sont plutôt hallucinants :
- 85 % de blessures graves présumées en moins par rapport aux conducteurs humains.
- 96 % de réduction des accidents aux intersections (où se produisent 27 % des accidents mortels).
- 92 % d’accidents impliquant des piétons en moins.
- 82 % d’accidents impliquant des cyclistes et des motocyclistes en moins.

Pour donner un ordre de grandeur, Waymo est passée de 10 000 courses hebdomadaires en mai 2023 à 250 000 en avril 2025. Cela représente une croissance d’environ 25 fois en deux ans. Si ce rythme se poursuit, l’entreprise pourrait très probablement atteindre 1 million de courses hebdomadaires début 2026.
La concurrence se déchaîne
Le Zoox d’Amazon a enfin été lancé à Vegas avec son design de grille-pain sur roues — il n’y a pas de volant et les sièges se font face. Des acteurs chinois comme WeRide et Pony AI s’associent à Grab, à Singapour, pour leurs propres lancements en 2026.
Et Tesla ? Tesla est toujours bel et bien dans la course. Quant à son service de robotaxi entièrement autonome, baptisé « robotaxi », il a été lancé en juin à Austin, mais non sans polémique et sera bientôt lancé à Phoenix, lui aussi.
Vers quoi tout cela nous mène-t-il ?
N’importe qui (vous y compris) pourrait posséder et exploiter sa propre flotte de robots-taxis. Elon Musk en a fait un élément central de son événement de lancement du robotaxi, et lors de la présentation des résultats du premier trimestre d’Alphabet plus tôt cette année, le PDG de Google, Sundar Pichai, a évoqué une «possibilité future de propriété individuelle ». En clair : vous pourriez un jour acheter votre propre Waymo, qui gagnerait de l’argent pendant votre sommeil.
Pourquoi c’est important
Comme l’explique Ethan Mollick, avec 40 000 morts et 2,4 millions de blessés chaque année dans des accidents aux États-Unis, une réduction de 85 % des blessures graves devrait faire la une. Les grandes villes commencent à le comprendre : NYC vient d’autoriser les essais de Waymo, et Singapour accélère les autorisations. Waymo vient également d’annoncer un nouveau lancement à Nashville en partenariat avec Lyft.
Le vide réglementaire est un véritable problème
Comme l’a souligné Mollick, les pouvoirs publics ne réagissent pas suffisamment à l’existence des voitures autonomes. Face à des données de sécurité aussi convaincantes, la question n’est pas de savoir si les robotaxis vont se déployer à grande échelle, mais si la réglementation et l’opinion publique sauront suivre le rythme de la technologie.
Pour en savoir plus, lisez notre analyse approfondie de Waymo.
Note de la rédaction : Ce contenu a d’abord été publié dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour découvrir d’autres articles de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.

