Des chercheurs ont publié un rapport sur l’IA qui devrait inquiéter tous ceux qui se soucient de l’avenir de notre planète.
Alors que les entreprises technologiques célébraient l’année décisive de l’IA, les recherches de l’universitaire néerlandais Alex de Vries-Gao, fondateur de Digiconomist, ont révélé que les systèmes d’IA avaient généré en 2025 autant de pollution carbonée que l’ensemble de la ville de New York.
Les chiffres montrent que l’empreinte carbone de l’IA pourrait atteindre 80 millions de tonnes cette année, soit plus de 8 % des émissions mondiales de l’aviation. Mais le carbone n’est pas la seule crise. Les systèmes d’IA ont consommé jusqu’à 765 milliards de litres d’eau en 2025, dépassant la demande annuelle de l’ensemble de l’industrie mondiale de l’eau en bouteille. Ces chiffres marquent la première fois que les chercheurs isolent l’impact environnemental spécifique de l’IA, au lieu de l’englober dans les activités générales des centres de données.
Une analyse du secteur montre que la consommation d’eau de l’IA dépasse à elle seule les estimations précédentes pour l’ensemble de la consommation d’eau des centres de données de plus d’un tiers.
La voracité
L’appétit de l’IA pour l’électricité a atteint des niveaux sans précédent qui remodèlent fondamentalement la demande énergétique mondiale. La consommation électrique mondiale de l’IA a atteint 23 gigawatts cette année, dépassant officiellement Bitcoin en matière de consommation pour le minage en 2024, sans aucun signe de ralentissement.
L’ampleur du phénomène devient particulièrement frappante lorsqu’on examine les installations individuelles. Les plus grands centres de données dédiés à l’IA consomment désormais autant d’électricité que deux millions de foyers chacun, transformant des réseaux électriques régionaux entiers. Six États américains consacrent déjà plus de 10 % de leur approvisionnement en électricité aux centres de données, la Virginie arrivant en tête avec un chiffre stupéfiant de 25 %.
Les États-Unis dominent cette explosion énergétique, représentant 45 % de la consommation mondiale d’électricité des centres de données, selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie. La demande mondiale d’électricité des centres de données devrait plus que doubler d’ici 2030, pour atteindre 945 térawattheures par an. Pendant ce temps, le plus grand centre de données prévu au Royaume-Uni, sur le site d’une ancienne centrale à charbon à Blyth, dans le Northumberland, émettra plus de 180 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de l’ajout de 39 000 voitures sur les routes.
Les centres de données du nord de la Virginie auront à eux seuls besoin d’une quantité d’énergie suffisante pour alimenter six millions de foyers d’ici 2030, contraignant les fournisseurs d’électricité à reporter leurs projets de mise hors service des centrales à charbon précisément au moment où une décarbonation rapide est essentielle pour lutter contre le changement climatique.
La crise de l’eau
Alors que les émissions de carbone font la une, la consommation d’eau de l’IA représente un défi environnemental tout aussi stupéfiant.
Les chercheurs ont découvert que l’IA pourrait consommer entre 312,5 et 764,6 milliards de litres d’eau cette année. Cette consommation massive provient de deux sources principales : les systèmes de refroidissement qui empêchent les serveurs de surchauffer et les installations de production d’électricité qui alimentent les opérations d’IA gourmandes en énergie.
L’effet en cascade multiplie l’empreinte environnementale de l’IA d’une manière que les experts commencent tout juste à comprendre. Alors que les entreprises se précipitent pour construire de nouveaux centres de données dédiés à l’IA générative, elles stimulent simultanément la construction de nouvelles centrales électriques, ce qui accroît encore la consommation d’eau et la pollution par les gaz à effet de serre. Les centres de données engloutissent d’immenses volumes d’eau pour éviter la surchauffe et faire fonctionner les turbines à vapeur, créant une crise invisible qui met à rude épreuve les ressources en eau du monde entier.
Cette consommation d’eau survient précisément au moment où le changement climatique intensifie les sécheresses et la pénurie d’eau sur plusieurs continents, créant un conflit fondamental entre progrès technologique et durabilité environnementale.
Notre avenir climatique
Les grandes entreprises technologiques ressentent déjà l’impact sur leurs engagements en matière de développement durable. Les émissions de gaz à effet de serre de Google ont augmenté de 48 % depuis 2019, en grande partie à cause de l’expansion des centres de données liée à l’IA, tandis que les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % depuis 2020. Les deux entreprises ont abandonné ou considérablement modifié leurs engagements en faveur de la neutralité carbone, alors que les besoins de l’IA continuent d’augmenter bien au-delà de toutes les projections précédentes.
La crise impose de repenser fondamentalement la planification des infrastructures énergétiques. Cette hausse de la demande d’électricité survient exactement au moment où le monde a besoin d’une décarbonation rapide pour lutter contre le changement climatique, créant une tension sans précédent entre innovation technologique et survie de la planète.
La question n’est pas de savoir si l’IA transformera notre monde, mais si notre planète peut survivre à cette transformation.
Les militants écologistes ont adressé au Congrès l’ultimatum le plus offensif jamais lancé contre la révolution de l’IA aux États-Unis.

