Les humanoïdes ne sont plus un luxe réservé à quelques privilégiés. Chez Figure, ils sont désormais à la chaîne.
L’entreprise de robotique californienne a annoncé une étape majeure dans la production de son modèle Figure 03. En seulement quatre mois, elle a transformé son site « BotQ », jusque-là consacré aux prototypes, en une usine en pleine activité qui produit désormais un nouveau robot par heure.
Le passage de la fabrication de quelques machines expérimentales à l’exploitation d’une usine à haut volume est souvent le moment où les start-up technologiques trébuchent. Figure affirme toutefois avoir franchi cet obstacle à toute vitesse. Selon un récent rapport de l’entreprise, l’équipe a multiplié sa cadence de production par 24 en moins de 120 jours.
« Les équipes matériel et fabrication de Figure ont transformé BotQ, qui n’était encore qu’un plan, en un site à haut rendement, en livrant plus de 350 de nos robots humanoïdes de troisième génération et en faisant passer notre cadence de production de 1 Figure 03 par jour à 1 par heure — une amélioration du débit de 24 fois en moins de 120 jours », a écrit Figure dans un billet de blog.
Cette montée en cadence repose sur un système de fabrication conçu sur mesure, qui relie plus de 150 postes de travail. Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement d’aller plus vite : l’entreprise affirme avoir renforcé son contrôle qualité, en homologuant des centaines de fournisseurs et en mettant en place 50 points d’inspection différents pour s’assurer que les robots sont non seulement rapides, mais aussi fiables.
Des robots qui s’entraînent avant leur expédition
Construire un humanoïde est une chose, mais s’assurer qu’il ne tombe pas en panne dès qu’il touche le sol d’un client en est une autre. Figure indique que son rendement en sortie de chaîne — autrement dit, le pourcentage de robots qui passent l’inspection finale — dépasse désormais 80 %. La production des batteries est encore plus efficace, avec un rendement au premier passage de 99,3 %.
Avant qu’un robot Figure 03 soit autorisé à entrer en service, il doit subir une séance de « rodage » qui ressemble davantage à un entraînement en salle de sport qu’à un test en usine. Les robots passent plus de 80 tests fonctionnels, dont des milliers de squats, de développés épaules et de séances de jogging, afin de détecter les premiers problèmes mécaniques.
Chaque nouvelle unité est une machine à recueillir des données pour Figure. La flotte grandissante renvoie d’importants volumes d’informations vers Helix, le modèle d’IA de l’entreprise. En déployant davantage de robots sur le terrain, l’entreprise peut identifier et corriger les défaillances qui surviennent dans des cas limites. Cette boucle de rétroaction permet à l’équipe d’ingénierie de déployer des mises à jour à distance sur l’ensemble de la flotte, rendant simultanément chaque robot plus intelligent.
Nouvelle capacité : commande de l’ensemble du corps conditionnée par la perception
Parallèlement à l’augmentation de sa production, Figure a également annoncé une mise à niveau de son système de commande, baptisé Helix System 0 (S0), un modèle d’IA humanoïde axé sur les mouvements du corps entier.
Jusqu’à présent, S0 reposait principalement sur la proprioception : le robot comprenait la position de ses articulations et les mouvements de son corps, mais percevait peu ce qui l’entourait. Cela rendait les déplacements dans des environnements complexes, comme les escaliers ou les terrains accidentés, difficiles sans changement de mode ou intervention manuelle.
La nouvelle mise à jour introduit une perception fondée sur des caméras. Les images RVB captées par les caméras embarquées sont transformées en une représentation 3D de l’environnement, puis combinées à l’état interne du corps du robot. Celui-ci peut ainsi à la fois « sentir » et « voir » son environnement.
Figure affirme que le système est entraîné par apprentissage par renforcement, en simulation, sur des milliers de terrains différents. Point important : les comportements appris en simulation sont directement transférés à des robots du monde réel sans réglage fin ni étalonnage supplémentaire.
En pratique, cela signifie que les robots peuvent gravir des escaliers et se déplacer sur des surfaces irrégulières avec des mouvements et une stabilité semblables à ceux d’un humain, même dans des conditions d’éclairage différentes et sans intervention d’un opérateur. L’entreprise présente cette avancée comme un pas vers des mouvements robotiques plus polyvalents, où perception et commande sont étroitement intégrées au sein d’un même système d’apprentissage.
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