La British Broadcasting Corporation (BBC) a adressé une mise en demeure officielle à la start-up américaine d’intelligence artificielle Perplexity, accusant l’entreprise d’utiliser des contenus de la BBC sans autorisation. Il s’agit de la première confrontation juridique directe du groupe audiovisuel avec une entreprise d’IA pour une atteinte présumée au droit d’auteur.
La lettre de la BBC adressée au PDG de Perplexity, Aravind Srinivas indique : « Cela constitue une atteinte au droit d’auteur au Royaume-Uni et une violation des conditions d’utilisation de la BBC. »
Le groupe audiovisuel affirme disposer de preuves que le produit d’IA phare de Perplexity a été entraîné à partir de contenus de la BBC. La lettre exige que Perplexity cesse immédiatement de récupérer les contenus de la BBC, efface toutes les données existantes qui en sont dérivées et fournisse « une proposition d’indemnisation financière ».
La BBC a averti qu’elle demanderait une injonction si ces exigences n’étaient pas satisfaites.
La BBC alerte sur les préjudices éditoriaux et financiers
La BBC s’est inquiétée de voir ses reportages originaux reproduits mot pour mot par le chatbot de Perplexity, ce qui pourrait détourner le public des plateformes de la BBC et saper la confiance du public. Elle a souligné le risque de voir sa réputation se dégrader auprès des Britanniques qui paient la redevance audiovisuelle et financent le groupe.
Une étude interne de la BBC publiée plus tôt cette année a révélé que 17 % des résumés générés par Perplexity à partir de contenus de la BBC comportaient des problèmes importants, comme « des inexactitudes factuelles, des problèmes de sources et un manque de contexte ».
Perplexity répond : « Manipulatrice et opportuniste »
Dans une déclaration citée par le Financial Times, Perplexity a rejeté les accusations de la BBC, les qualifiant de « manipulatrices et opportunistes », et affirmé que le groupe audiovisuel avait « une incompréhension fondamentale de la technologie, d’Internet et du droit de la propriété intellectuelle ». La start-up a suggéré que les actions en justice de la BBC visaient « à préserver le monopole illégal de Google dans son propre intérêt ».
Perplexity affirme ne pas créer ni entraîner elle-même de modèles d’IA fondamentaux, mais proposer aux utilisateurs un accès à des systèmes d’IA développés par des entreprises comme OpenAI, Google et Anthropic. Toutefois, une source proche de l’entreprise aurait déclaré au FT que son modèle propriétaire était une variante améliorée de Llama, le modèle de Meta, optimisée pour accroître la précision.
Les éditeurs ripostent en ordre dispersé
Ce n’est pas la première fois que Perplexity se retrouve empêtrée dans des démêlés judiciaires. La start-up fait déjà l’objet de poursuites de la part de Dow Jones, l’éditeur de The Wall Street Journal, et a reçu des mises en demeure de The New York Times et de Condé Nast.
Face aux critiques croissantes, Perplexity a conclu des accords de partage de revenus avec certains éditeurs, notamment Time, Fortune et Der Spiegel. La BBC n’a pas encore conclu d’accord de ce type et semble déterminée à faire valoir ses revendications.
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