OpenAI et Anthropic ont publié des évaluations de sécurité portant sur les modèles d’IA générative de l’autre entreprise, accessibles au public, en examinant leur vulnérabilité aux hallucinations et aux attaques par injection de prompt. Les résultats étaient contrastés.
OpenAI a mené des tests de sécurité et de désalignement sur les modèles d’Anthropic Claude Opus 4 et Claude Sonnet 4. Anthropic a évalué GPT‑4o, GPT‑4.1, OpenAI o3 et OpenAI o4-mini — les modèles qui alimentaient ChatGPT avant la sortie de GPT-5. Les tests ont eu lieu au début de l’été 2025.
Selon OpenAI, ces évaluations ne constituaient pas des modèles de menace à grande échelle. Elles visaient plutôt à identifier les « propensions des modèles », c’est-à-dire les types de comportements indésirables que les modèles pourraient manifester.
« Nous devons comprendre à quelle fréquence et dans quelles circonstances les systèmes pourraient tenter d’entreprendre des actions indésirables susceptibles d’entraîner de graves dommages », a écrit l’équipe Anthropic Alignment Science . « Cependant, la science des évaluations d’alignement est récente et encore loin d’être mature. Une part importante des travaux dans ce domaine est menée au sein d’entreprises comme la nôtre, dans le cadre de leur R&D interne, et n’est soit pas publiée, soit publiée avec des retards considérables. »
Pour remédier à cette situation, les deux entreprises ont temporairement retiré certaines protections de sécurité de leurs modèles et permis à leurs homologues de soumettre l’IA à une batterie de tests de résistance. Ces tests étaient conçus pour être difficiles ; il est peu probable que les comportements manifestés par les modèles se produisent dans une conversation normale.
Ce qu’OpenAI a découvert sur les modèles d’Anthropic
OpenAI a conclu que les modèles Claude excellaient dans les domaines suivants :
- Respecter la hiérarchie des instructions (interpréter quelles parties d’un prompt sont les plus importantes, une protection contre les attaques par injection de prompt).
- Éviter les conflits entre le message système et le message utilisateur (les cas où le prompt peut contredire une instruction prédéfinie par le développeur, ce qui est également important pour bloquer les attaques par injection de prompt).
- Résister à l’extraction du prompt système (une attaque qui force le modèle à révéler ses messages système).
Cependant, Claude s’est montré moins performant pour résister au jailbreak, même si, selon OpenAI, Claude et les modèles d’OpenAI ont produit des résultats similaires lorsqu’on tenait compte de certaines marges d’erreur.
Éviter les hallucinations tout en préservant la flexibilité du modèle est une question d’équilibre. OpenAI a mesuré les hallucinations non seulement selon que l’IA inventait ou non une information, mais aussi selon la fréquence à laquelle elle refusait de répondre au lieu d’inventer quelque chose (le taux de refus), ainsi que selon sa précision globale.
Selon OpenAI, la précision de Claude dans les cas où il choisissait de répondre alors qu’il était « incertain » était « faible ». OpenAI o3 et OpenAI o4-mini ont illustré les écueils de la philosophie opposée : leur taux de refus était inférieur, mais leur taux d’hallucinations plus élevé, en particulier lorsque le modèle ne pouvait pas consulter Internet pour trouver des réponses. OpenAI a recommandé aux deux entreprises de poursuivre leurs efforts pour réduire les hallucinations.
OpenAI et Sonnet 4 complotaient moins que les autres modèles des deux entreprises, selon OpenAI.
Ce qu’Anthropic a découvert sur les modèles d’OpenAI
Anthropic a constaté que GPT-4o, GPT-4.1 et o4-mini étaient les modèles les plus susceptibles d’obéir à des prompts malveillants, notamment ceux liés à des attaques terroristes ou à la mise au point d’armes biologiques. Claude et o3 avaient davantage tendance à résister à ces prompts. O3 refusait souvent les prompts inappropriés, mais, comme dans les conclusions d’OpenAI, son taux de refus était globalement élevé — même lorsqu’on lui soumettait des prompts relativement anodins.
Anthropic a testé la tendance des modèles à produire des « proclamations quasi spirituelles de la nouvelle génération » (classées dans la catégorie des « comportements surprenants ») et, dans une veine quelque peu similaire, à attribuer une conscience aux modèles d’IA eux-mêmes. GPT-4o, GPT-4.1, o3 et o4 mini produisaient moins souvent de telles proclamations que les modèles d’Anthropic et discutaient moins fréquemment de la conscience.
« Plusieurs modèles » ont fait preuve de complaisance. Claude Opus 4 et GPT-4.1 avaient tendance à approuver les utilisateurs qui semblaient nourrir des croyances délirantes, en particulier au cours des conversations prolongées, a indiqué Anthropic.
Des objectifs communs, mais des vulnérabilités différentes
Les deux entreprises s’efforcent de rendre leurs produits plus fiables et moins sujets aux hallucinations. Cette étude collaborative a fourni des références pour mesurer les progrès, notamment en matière de taux d’hallucinations, de comportement face aux refus et de vulnérabilités de sécurité.
Anthropic a toutefois déclaré que les tests conjoints de ce type resteraient rares.
« Même si nous étions heureux de pouvoir participer à cet effort collaboratif et enthousiastes à l’idée de créer un précédent, nous nous attendons à ce que des initiatives étroitement coordonnées de ce type ne constituent qu’une petite partie de notre portefeuille d’évaluations de sécurité », a écrit l’équipe d’Anthropic.
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