La Chinese University of Hong Kong a réalisé les premières chirurgies de réduction et de fixation de fractures du bassin assistées par robot à Hong Kong, en traitant trois patients au Prince of Wales Hospital depuis juin.
Ces interventions donnent un aperçu de l’évolution de la robotique médicale : l’imagerie, la navigation et les mouvements robotiques collaborent de plus en plus étroitement, tandis que les chirurgiens restent aux commandes.
Fonctionnement du système robotique
Selon la Faculté de médecine de la CUHK, les chirurgiens utilisent des scanners CT en 3D pour planifier le réalignement et la fixation de l’os fracturé avant l’intervention. Pendant l’opération, un système de navigation 3D en temps réel guide un bras robotique actif tandis que la fracture est repositionnée et stabilisée.
La CUHK a fait état d’une perte de sang de 10 à 20 ml lors de ses trois premières interventions, contre jusqu’à un litre en chirurgie ouverte conventionnelle. Elle a également indiqué que l’approche mini-invasive avait réduit la longueur des incisions, qui est passée de plus de 10 cm à moins de 2 cm.
L’université indique que le système a obtenu l’autorisation de la National Medical Products Administration pour les fractures du bassin et des os longs, et qu’il est répertorié dans le cadre du Medical Device Administrative Control System de Hong Kong. La CUHK n’a pas identifié le fabricant dans son communiqué.
La CUHK estime qu’environ 2 000 fractures de fragilité du bassin surviennent chaque année à Hong Kong et cite un taux de mortalité à un an d’environ 15 % chez ces patients. Les personnes âgées peuvent également souffrir d’autres problèmes de santé qui rendent une chirurgie ouverte lourde plus difficile à supporter.
Cette avancée intervient alors que la robotique médicale se développe dans toute la région. Les exportations chinoises de robots chirurgicaux ont été multipliées par 3,3 au premier semestre 2026, tandis qu’un autre système robotique chinois a récemment réduit d’environ 29 % la durée d’une procédure d’imagerie cérébrale dans le cadre d’une étude portant sur 50 patients.
Les robots chirurgicaux prennent en charge des tâches toujours plus précises
À court terme, l’avenir de la chirurgie robotique ne réside pas tant dans des machines autonomes opérant seules que dans des robots auxquels on confie des tâches techniques précisément définies, en complément du jugement du chirurgien.
Le traitement des fractures du bassin se prête particulièrement bien à cette approche. Les scanners CT fournissent des repères anatomiques détaillés qui peuvent être convertis en plan 3D. Les systèmes de navigation peuvent suivre les instruments par rapport à ce plan, tandis que les bras robotiques peuvent reproduire les positions et les mouvements calculés avec une grande précision.
Les recherches commencent à quantifier ces avantages. Un essai randomisé multicentrique publié cette année a comparé la réduction fermée robotisée et manuelle chez 92 adultes présentant des fractures déplacées du bassin.
Une réduction excellente ou bonne a été obtenue chez 96 % des patients du groupe robotisé, contre 48 % dans le groupe manuel. Les chirurgiens du groupe robotisé ont également enregistré une médiane de zéro exposition à la fluoroscopie — l’imagerie aux rayons X utilisée pour guider les interventions — contre 38 dans le groupe manuel.
Une revue publiée en 2025 sur la fixation robotisée des fractures du bassin a constaté des gains similaires en matière de précision et une moindre utilisation de la fluoroscopie dans les études antérieures.
La tendance générale va vers des systèmes chirurgicaux qui relient davantage de ces étapes. L’imagerie peut alimenter un plan numérique, la navigation peut suivre en temps réel l’anatomie et les instruments, et le matériel robotique peut exécuter des mouvements précis sous la supervision d’un chirurgien.
L’IA pourrait à terme ajouter une couche supplémentaire en aidant à identifier l’anatomie, à signaler les risques ou à ajuster les plans lorsque les conditions évoluent pendant une intervention. Le chirurgien continuerait de prendre les décisions cliniques, mais un nombre réduit d’étapes techniques devrait être réalisé entièrement à la main.
Les premières interventions pelviennes de la CUHK s’inscrivent dans ce modèle émergent. Le robot ne remplace pas le chirurgien. Il convertit les images médicales et le plan opératoire en mouvements physiques contrôlés, dans l’un des nombreux domaines où la robotique devient partie intégrante du bloc opératoire plutôt qu’un équipement distinct.
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