Rapport : 78 % des offres d’emploi dans les TIC des pays du G7 exigent des compétences en IA

IT expert working on developments of artificial intelligence

Image: sofiiashunkina / Envato

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Zeus Kerravala
Zeus Kerravala
Oct 7, 2025
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Si vous travaillez dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), ou si vous souhaitez y travailler, maîtriser l’IA n’est plus facultatif. C’est devenu indispensable pour décrocher un emploi, le conserver et progresser dans votre carrière. 

Je pense que nous traverserons trois phases d’adoption de l’IA :

  1. La craindre et supposer qu’elle va nous remplacer.
  2. Comprendre que le véritable concurrent n’est pas l’IA elle-même, mais la personne qui la maîtrise.
  3. Adopter l’IA et se demander comment nous avons pu nous en passer. 

À terme, presque tous les emplois utiliseront l’IA, et de nouvelles données viennent étayer cette thèse. 

Au cœur du rapport de l’AI Workforce Consortium

Un nouveau rapport de l’AI Workforce Consortium montre à quel point cette évolution est devenue urgente.

Il révèle que 78 % des offres d’emploi dans les TIC des pays industrialisés du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis) exigent désormais des candidats qu’ils démontrent des compétences techniques liées à l’IA. Le rapport souligne également que les qualités humaines restent tout aussi essentielles pour utiliser les technologies de manière responsable.

Dans l’étude ICT in Motion: The Next Wave of AI Integration, le consortium a examiné 50 postes dans les TIC ainsi qu’un ensemble de « fonctions de soutien spécialisées », offrant une feuille de route pour les nouveaux métiers propres à l’IA comme pour les compétences dont vous aurez besoin pour rester compétitif.

Le consortium, dirigé par Cisco, réunit certaines des plus grandes entreprises technologiques et plateformes de recrutement au monde, notamment Microsoft, Google, IBM, SAP, Intel, Accenture, Cornerstone et Eightfold AI. Le rapport a analysé 12 mois de données sur les offres d’emploi (de juillet 2024 à juin 2025) afin d’illustrer la manière dont l’IA redéfinit les économies, les entreprises et les marchés du travail mondiaux. 

Principales conclusions sur les métiers et les compétences liés à l’IA, les pôles émergents et bien plus encore

Ce rapport de 100 pages regorge de données, mais voici les principaux enseignements à en retenir.

  • Une croissance fulgurante des métiers liés à l’IA : ingénieurs IA/ML (en hausse de 145 %), spécialistes des risques et de la gouvernance de l’IA (en hausse de 234 %) et ingénieurs en traitement automatique du langage naturel (en hausse de 186 %).
  • Des compétences spécialisées en IA dans des domaines émergents : La sécurité et les systèmes multi-agents contribuent également à la croissance de l’emploi.
  • Une demande croissante en expertise de la gouvernance : L’adoption accélérée des systèmes d’IA agentique crée une demande de travailleurs possédant des compétences en éthique et en gouvernance de l’IA.
  • Une pénurie de candidats qualifiés : De plus en plus d’emplois exigent désormais des compétences techniques en IA, mais il existe un déficit critique de candidats qualifiés dans des domaines comme les grands modèles de langage (LLM) et l’IA générative.
  • Les foyers de croissance de l’emploi : Des pôles technologiques comme la Silicon Valley (qui arrive en tête avec une hausse de 156 % des emplois liés à l’IA), Londres et Toronto affichent la croissance la plus rapide.
  • Les pôles émergents : Manchester (Royaume-Uni), Lyon (France) et Vancouver (Canada) sont des « pôles émergents », avec une hausse de plus de 70 % des emplois liés à l’IA.
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Le rapport apporte également des informations sur les domaines où la croissance de l’emploi se produira. Il s’agit notamment des suivants : 

  • Familles de métiers des TIC : architecture et fonctions liées aux plateformes, IA et sciences des données, fonctions commerciales et de gestion, fonctions liées à la clientèle et au support, cybersécurité, design et expérience utilisateur, infrastructure et opérations, ainsi qu’ingénieurs logiciels. 
  • Fonctions de soutien spécialisées : développeur commercial, responsable de la conformité, représentant du support client, marketing numérique, ingénieur environnemental, analyste financier, spécialiste de la formation et du développement, conseiller juridique, chefs de projet technique. 

Ces fonctions regroupent des métiers existants et émergents, et répondent directement à une question que je pose depuis quelque temps aux dirigeants : quels nouveaux métiers l’IA fera-t-elle apparaître sur le marché ?

Plus tôt cette année, lors du Cisco AI Summit, le PDG de Goldman Sachs, David Solomon, a déclaré que l’IA, comme toutes les transitions technologiques, supprimerait certains emplois, augmenterait la productivité et en créerait de nouveaux. En recensant les métiers en croissance, le rapport offre aux travailleurs et aux dirigeants d’entreprise un moyen d’aligner leurs compétences sur l’avenir. 

Ce rapport décrit une intégration profonde et accélérée de l’IA dans le marché du travail. Son analyse des exigences des postes révèle une hausse significative des compétences techniques en IA. Par conséquent, si vous voulez réussir à l’ère de l’IA, vous devez développer votre expertise technique tout en renforçant vos compétences humaines, comme la collaboration et l’esprit critique. 

Soutenir le développement des compétences en IA

L’AI Workforce Consortium ne se contente pas de publier des statistiques : il a développé des ressources pour aider les travailleurs et les organisations à évoluer dans un paysage de l’IA en rapide mutation.

En outre, le consortium propose un AI Workforce Playbook pour aider les organisations à aligner stratégiquement le développement de leurs effectifs sur l’évolution de leurs objectifs commerciaux et liés à l’IA. L’un des axes prioritaires consiste à mettre en place des effectifs prêts pour l’IA afin de garantir leur pertinence, d’optimiser l’allocation des ressources et de faciliter un déploiement efficace de l’IA. Le rapport souligne que la reconversion des employés actuels est plus efficace que leur remplacement par de nouvelles recrues. 

Pour soutenir la reconversion, le groupe propose une base de données de recommandations de formation conçue pour aider les particuliers et les organisations à s’adapter, à progresser et à prospérer face à l’évolution technologique continue. Il a également créé un AI Skills Glossary afin de normaliser le vocabulaire entre travailleurs, formateurs et employeurs. Ce vocabulaire commun permet d’aligner les programmes de formation sur les exigences des postes et de garantir une compréhension cohérente des nouveaux métiers. 

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Les recommandations d’un dirigeant de Cisco

Le rapport contient des recommandations concrètes pour aider les organisations et les demandeurs d’emploi à collaborer et à participer activement à cette démarche de développement des compétences. 

Les dirigeants d’entreprise sont encouragés à renforcer la compétitivité de leurs effectifs et à favoriser l’innovation en investissant dans la formation et le développement des compétences en IA. L’accent est mis sur l’identification, l’évaluation et l’amélioration continue des compétences concrètes qui rendront les effectifs plus adaptables et mieux préparés à l’avenir. 

Pour les professionnels, le conseil est clair : cultiver les capacités humaines — communication, esprit critique et collaboration — parallèlement à de solides compétences techniques en IA. L’intégration de ces compétences dans des formations concrètes fondées sur des scénarios favorise la résolution de problèmes, l’innovation et l’adaptabilité dans des environnements en évolution rapide.

La semaine dernière, à New York, j’ai eu l’occasion de rencontrer Fran Katsoudas et de discuter du rapport avec elle. Elle est chief people, policy & purpose officer chez Cisco. Je lui ai demandé quand nous pourrions commencer à observer la transition des effectifs.

« Ce que nous constatons, c’est que la transition des métiers ne se fera pas au même moment, et que l’IA n’aura pas le même impact sur chaque fonction. Chez Cisco, nous disposons aujourd’hui de plusieurs cas d’usage et nous construisons à partir de là. Le rapport vise à fournir aux entreprises et aux particuliers une carte des compétences qui seront les plus importantes à l’avenir », a-t-elle déclaré.

Katsoudas a également expliqué comment les entreprises devraient fonctionner. Elle a déclaré : « L’IA est un sport d’équipe, et par là j’entends que nous avons un programme dans le cadre duquel nous proposons des formations. Nous faisons appel à des volontaires. Ils sont formés à l’utilisation des outils d’IA, puis retournent dans leurs organisations pour animer et faciliter des discussions autour de la question suivante : comment utiliser cela au quotidien ? Comment cela nous permet-il d’être meilleurs dans ce que nous faisons ?

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« Ce que nous avons constaté, c’est qu’avant de suivre ce programme, 62 % des personnes se sentaient à l’aise avec les outils d’IA ; après l’avoir suivi, elles étaient 90 %. Cela confirme que lorsque les gens peuvent manipuler les outils, lorsqu’ils ont l’occasion d’explorer et de travailler ensemble, ils se sentent beaucoup plus à l’aise et se projettent dans l’avenir », a expliqué Katsoudas.

Ce que cela signifie pour les professionnels de l’informatique

Le rapport de cette année montre clairement que les compétences en IA créeront de nouvelles opportunités, mais que c’est la combinaison de l’expertise technique et des capacités humaines qui redéfinira l’avenir. Pour les professionnels de l’informatique, il est important de ne pas avoir peur de l’IA : adoptez-la et utilisez-la dès maintenant pour vous imposer comme un leader, aujourd’hui comme demain.

L’expertise en IA n’est plus seulement un avantage dans le secteur technologique : elle fait augmenter les salaires dans tous les secteurs, de la santé à la finance. Découvrez pourquoi les employeurs paient plus cher ces compétences et ce que cela signifie pour l’ensemble des actifs.

Zeus Kerravala

Zeus Kerravala is an eWEEK regular contributor and the founder and principal analyst with ZK Research. He spent 10 years at Yankee Group and prior to that held a number of corporate IT positions. Kerravala is considered one of the top 10 IT analysts in the world by Apollo Research, which evaluated 3,960 technology analysts and their individual press coverage metrics.

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