L’entreprise de robots humanoïdes UBTech Robotics, basée à Shenzhen, met les grands moyens sur la table : jusqu’à 124 millions de yuans (18 millions de dollars) par an pour s’attacher les services d’un directeur scientifique de tout premier plan spécialisé dans l’intelligence incarnée. C’est ce que révèle une annonce de recrutement mondiale publiée cette semaine par l’entreprise cotée à Hong Kong.
La fourchette de salaire qui fait les gros titres commence à 15 millions de yuans (2,18 millions de dollars) et grimpe jusqu’à 124 millions de yuans, un chiffre confirmé vendredi par l’entreprise au Global Times. La proposition combine rémunération en espèces, avantages et actions, a précisé un porte-parole.
L’annonce de recrutement publiée par UBTech sur WeChat ne prend pas de gants. L’entreprise affirme ne s’intéresser ni au passeport, ni à l’âge, ni au genre. « Une seule chose compte : pouvez-vous définir l’avenir ? », écrit-elle.
Un pari à haut risque sur les talents de l’intelligence incarnée
Le poste s’accompagne d’un titre ambitieux : directeur scientifique de l’intelligence incarnée. L’entreprise décrit cette personne comme « le capitaine de la trajectoire technologique d’UBTECH » et comme «un bouleverseur de l’industrie des robots humanoïdes.”
Concrètement, ce scientifique devra définir la feuille de route technologique d’UBTECH pour les robots humanoïdes et l’intelligence incarnée. Cela inclut la direction des recherches sur les modèles vision-langage-action, les modèles fondamentaux de robots et l’apprentissage de compétences dextres, selon le communiqué de l’entreprise.
UBTech ne veut pas seulement publier des articles de recherche. L’entreprise affirme que son nouveau directeur scientifique devra faire passer les technologies de pointe « du laboratoire aux situations réelles » et accélérer l’utilisation des robots humanoïdes dans la fabrication intelligente, les services commerciaux et même la compagnie au sein des foyers.
« Ce poste — en tant que responsable de l’exploration technologique et moteur de la transformation d’une vision en réalité — définira la feuille de route technologique d’UBTECH dans les domaines de l’intelligence humanoïde et de l’intelligence incarnée », a déclaré un porte-parole de l’entreprise au Global Times.
Même si UBTech fait le plus parler d’elle, elle n’est pas la seule à recruter. Le secteur des robots humanoïdes a explosé en 2026, porté par des apparitions très remarquées au salon technologique CES et à la soirée de gala du Nouvel An chinois.
Tesla est également de la partie : l’entreprise a récemment publié une annonce pour recruter plus de 80 spécialistes pour son projet de robot Optimus. L’offre d’UBTech est toutefois particulièrement agressive. Bloomberg rapporte qu’un tel niveau de rémunération est inhabituel, même dans le secteur chinois de l’IA, qui a historiquement « évité les rémunérations pharaoniques proposées par des entreprises comme Meta Platforms Inc. aux scientifiques et ingénieurs d’élite ».
Café, robots et milliards de revenus
Le discours de recrutement d’UBTech ressemble moins à un prospectus d’entreprise qu’à un manifeste. L’entreprise présente cette offre comme le moment où « le plafond de verre des travailleurs est sur le point de voler en éclats ! ». En plus du scientifique à 18 millions de dollars, elle recrute pour d’autres postes, notamment des ingénieurs de développement Rust, des ingénieurs mécaniques et des ingénieurs en algorithmes d’apprentissage par renforcement.
Les avantages proposés à ces candidats comprennent des congés maladie rémunérés chaque trimestre, des horaires de travail flexibles, des logements locatifs publics et du café à volonté.
L’entreprise dispose également des données pour étayer ses fanfaronnades. En 2025, le chiffre d’affaires total d’UBTech a atteint 2,001 milliards de yuans. Plus impressionnante encore est son avance sur le marché des humanoïdes : elle a vendu 1 079 unités de ses robots humanoïdes intelligents grand format l’an dernier. Avec environ 4,92 milliards de RMB en réserves de trésorerie, elle dispose clairement des liquidités nécessaires pour financer cette coûteuse chasse aux talents.À lire aussi : Unitree se dirige également vers une entrée en Bourse à 610 millions de dollars après avoir atteint une rentabilité rare dans le domaine des robots humanoïdes, ce qui pourrait constituer un tournant pour le secteur.

