L’IA s’est installée dans le quotidien des adolescents européens, et elle libère au passage un formidable élan de créativité.
Un nouveau rapport montre que les jeunes se tournent vers les outils génératifs non seulement pour les aider à faire leurs devoirs, mais aussi pour écrire, concevoir et imaginer de nouvelles façons.
Ces résultats sont issus du Future Report, une étude menée à l’échelle du continent par Google et le cabinet de conseil spécialisé dans la jeunesse Livity, qui a interrogé plus de 7 000 adolescents dans sept pays européens. Il dresse le portrait d’une génération qui considère l’IA comme « l’un des plus grands outils de l’humanité pour s’améliorer » — un outil qui transforme leur manière d’apprendre et de créer.
Comment les adolescents utilisent l’IA
Dans toute l’Europe, les adolescents intègrent l’IA à leur manière d’apprendre et de créer. L’étude du Future Report a révélé que 40 % l’utilisent quotidiennement ou presque, et que 81 % affirment qu’elle a amélioré au moins un aspect de leur apprentissage ou de leur créativité. Beaucoup indiquent que leur établissement autorise désormais au moins un outil d’IA, même si les limites restent floues et que les élèves souhaitent des consignes plus claires sur les moments et les façons de l’utiliser.
En classe, les adolescents utilisent principalement l’IA pour :
- Expliquer des sujets difficiles (47 %)
- Obtenir instantanément des réponses ou des retours (42 %)
- Rendre l’apprentissage plus ludique (38 %)
- Renforcer les idées et la capacité à résoudre des problèmes (65 %)
En dehors de l’école, l’IA est devenue un partenaire créatif. Les adolescents l’utilisent pour générer des œuvres d’art, concevoir des projets, écrire des histoires, traduire ou coder : un mélange d’exploration et d’expression personnelle qui va bien au-delà des devoirs. Beaucoup la décrivent comme un moyen d’expérimenter et d’acquérir de nouvelles compétences à leur manière.
En dehors de la classe, les adolescents déclarent utiliser l’IA pour :
- Écrire et retoucher de manière créative (56 %)
- Produire des œuvres visuelles (50 %)
- Créer des vidéos (49 %)
- Concevoir ou réaliser des projets (45 %)
Ces chiffres suggèrent que les élèves apprennent avec, et pas seulement grâce à elle..
Des preuves, pas des promesses
Même si l’IA s’intègre à leur quotidien, les adolescents ne prennent pas ses réponses pour argent comptant. Cinquante-cinq pour cent affirment vérifier régulièrement l’exactitude des informations générées par l’IA, en recoupant souvent les réponses avec d’autres sources ou en demandant confirmation à des adultes de confiance. L’envie de vérifier est plus forte chez les élèves plus âgés, qui sont davantage susceptibles de contrôler la crédibilité d’un auteur ou de comparer les résultats sur plusieurs sites avant d’accepter une réponse.
Ce scepticisme s’étend à la manière dont les contenus générés par l’IA sont produits et à la destination de leurs propres données. Près des deux tiers des adolescents souhaitent un étiquetage clair des contenus générés par l’IA, et une proportion similaire réclame de la transparence sur ce qu’il advient des textes ou des images qu’ils fournissent.
Comme l’a formulé un élève polonais : « Il devrait être obligatoire d’indiquer les contenus créés par l’IA », tandis qu’un autre, en Espagne, a déclaré : « Je veux savoir ce qu’il advient des choses que j’introduis dans les chatbots.”
Curieux, prudents et maîtres de leurs choix
Le rapport révèle également que les adolescents fixent clairement les limites de ce qu’ils sont prêts à laisser l’IA penser à leur place. Beaucoup la décrivent comme « un raccourci, pas un substitut » : un moyen de tester des idées ou de gagner du temps, sans renoncer à leur propre jugement. Ce mélange de curiosité et de retenue traverse l’étude : les élèves apprécient ce que l’IA peut faire, tout en restant méfiants à l’idée de la laisser remplacer un véritable effort.
Certains craignent qu’un usage excessif n’émousse leur esprit critique ou leur créativité. Quelques-uns ont expliqué qu’ils limitaient volontairement la fréquence à laquelle ils s’appuient sur les chatbots pour écrire ou résoudre des problèmes, afin de continuer à apprendre eux-mêmes le processus. « L’IA peut être un raccourci, mais elle ne devrait pas penser à votre place », a déclaré Jack, 17 ans, en Irlande.
L’IA n’est pas l’ennemie
Pour les adolescents européens, l’IA n’est pas une chose à craindre, mais un outil à façonner. L’étude montre que les jeunes veulent des orientations, pas des restrictions : des règles claires dans les établissements scolaires, de la transparence de la part des développeurs et une obligation de rendre des comptes pour les adultes qui conçoivent et régissent ces systèmes. Ils voient l’IA comme un partenaire d’apprentissage et un outil créatif, mais attendent de la transparence sur son fonctionnement et l’utilisation de leurs données.
Beaucoup souhaitent également participer à la définition de ce que devrait être une IA responsable, en appelant à des « cadres » et à une conception adaptée à l’âge plutôt qu’à des interdictions ou des limites générales. Ils demandent aux enseignants et aux responsables politiques de travailler avec eux, plutôt que de décider simplement à leur place — une position générationnelle qui mêle optimisme et volonté de garder la main.
Si l’IA définit la prochaine ère, ces adolescents comptent bien être ceux qui la dirigeront.
Alors que les adolescents européens apprennent à travailler avec l’IA, une nouvelle étude de Pew révèle une humeur différente outre-Atlantique, où près de la moitié des adultes américains déclarent se sentir davantage inquiets qu’enthousiastes face à la technologie qui transforme la vie quotidienne.

