Les communications et le cloud sont apparemment devenus synonymes. La tendance au télétravail induite par la pandémie a incité les entreprises à adopter des solutions « as a service », ou UCaaS, pour la collaboration.
Cela a créé une vague massive de déploiements, et certains observateurs du secteur ont commencé à croire que les opportunités sur site, qui incluent le cloud privé, ne seraient plus viables.
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Mitel s’associe à RingCentral pour l’UCaaS
Alors que la plupart des fournisseurs ont misé toutes leurs billes sur le UCaaS, un fournisseur qui innove à la fois dans le cloud et sur site dans le domaine de l’UC est Mitel.
L’entreprise essayait de jouer sur les deux tableaux, mais compte tenu du nombre de poids lourds de 800 livres dans l’UCaaS, elle a choisi de s’associer à RingCentral, leader du Magic Quadrant de Gartner dans ce domaine. Son objectif est d’accélérer l’innovation dans ses produits sur site. Étant donné que la plupart des fournisseurs « traditionnels » ont relégué cette partie de leur activité au second plan, Mitel se distingue en accélérant ici le rythme de l’innovation.
La plupart des observateurs du secteur, moi y compris, se demandaient comment l’entreprise allait mettre ce plan à exécution. Mitel a récemment organisé une rencontre avec des analystes du secteur pour présenter sa stratégie à venir.
Lors de son discours d’ouverture, le CEO Tarun Loomba a expliqué ce changement de stratégie : « Avec un marché de plus en plus concurrentiel, il est essentiel de se concentrer sur ses priorités. C’est une des principales raisons pour lesquelles nous avons conclu ce partenariat avec Ring : nous pouvions ainsi nous concentrer sur nos points forts tout en veillant à ce que tous nos clients soient bien accompagnés. » C’est assurément la bonne approche car, en affaires, mieux vaut exceller dans un domaine qu’être médiocre dans plusieurs.
L’histoire de l’innovation chez Mitel
Loomba a poursuivi : « La réalité du marché, c’est que des millions de clients disposeront, souhaiteront ou auront besoin d’une solution d’UC modernisée — et ce sera le cas pendant encore de nombreuses années. Nous disposons de l’expertise et du portefeuille nécessaires pour servir ces clients. »
Un fait intéressant à propos de Mitel est que l’entreprise a été l’un des fournisseurs les plus innovants, voire le plus innovant, des dernières décennies. Elle a été la première à proposer un téléphone VPN pour télétravailleur, le premier fournisseur « traditionnel » à adopter le passage à l’IP, et la première à s’associer à Microsoft dans le domaine de l’UC.
L’une des innovations les plus intéressantes a été l’introduction de sa solution pour machines virtuelles. Alors que la plupart des acteurs du secteur raillaient cette idée — un fournisseur m’a même dit un jour qu’il ne fonctionnerait jamais sur une VM —, Mitel a persévéré et adopté ce concept. Je me souviens les avoir vus à VMworld, bien avant que le reste du secteur n’opère ce changement. Il y a évidemment eu quelques difficultés en cours de route, mais cette fonctionnalité est désormais standard.
Dans le cadre de sa présentation, Loomba a donné un aperçu des domaines dans lesquels Mitel allait stimuler l’innovation. Une grande partie de ses efforts consistera à fournir des solutions hybrides et de périphérie. La définition du « cloud » évolue et s’éloigne des clouds gérés de manière centralisée au profit d’un modèle plus distribué, qui englobe les clouds privés et les sites en périphérie.
Il est bien connu que les entreprises se livrent concurrence en offrant une meilleure expérience client et utilisateur, et que l’informatique en périphérie rapproche les données de l’utilisateur. Mitel a pris le train du cloud en marche, mais la périphérie est un domaine dans lequel l’entreprise bénéficie d’un avantage de pionnier. Une grande partie du secteur des applications généralistes et du cloud computing a déjà adopté la périphérie, mais les communications ont tendance à adopter tardivement ce type d’évolution, principalement en raison de l’importance de la technologie.
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Les communications sur site : toujours bien vivantes
De toute évidence, le monde des infrastructures sur site reste très important pour les entreprises. La tendance à faire passer toutes les communications dans le cloud est loin d’être un fait accompli.
Les marchés financiers le confirment : la valorisation des fournisseurs d’UCaaS et de CCaaS (centres de contact as a service) a été divisée par deux, voire davantage. La réalité est que les entreprises sont en train de faire revenir leurs employés au bureau, au moins à temps partiel. Cela maintient en vie le marché des solutions plus traditionnelles.
Il en va de même dans d’autres secteurs qui étaient censés passer « entièrement au cloud ». Certes, AWS et ses concurrents vendent d’énormes volumes de ressources de calcul et de stockage cloud. Mais Dell, HPE et d’autres continuent de vendre d’importants volumes de systèmes installés dans les centres de données appartenant aux entreprises. Pour les entreprises « sur site », l’essentiel est de continuer à stimuler l’innovation — et d’adapter les modèles tarifaires en conséquence.
De même, dans le domaine des communications, tout ne passe pas à un modèle fourni sous forme de SaaS. En fait, j’estime que le secteur global de l’UC/UCaaS repose encore à environ deux tiers sur le sur site/cloud privé, tandis que le tiers restant est fourni en SaaS.
Même si la croissance se situe dans le cloud public, le secteur dans son ensemble est gigantesque et ces transitions prennent du temps. Les systèmes VoIP sont disponibles depuis près de 30 ans, et il existe toujours un parc installé TDM.
Certains m’ont demandé si un jour toutes les communications seraient fournies depuis un service cloud public. Ma réponse est la suivante : peut-être, mais c’est tellement lointain que je serai depuis longtemps à la retraite.
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Le cloud distribué crée de nouveaux cas d’usage
Le modèle de cloud distribué aura un impact profond sur les communications, en particulier sur la voix et la vidéo, en rapprochant ces charges de travail de l’utilisateur et en permettant plusieurs nouvelles fonctionnalités. L’analyse vidéo, la traduction en temps réel, la reconnaissance faciale et les fonctionnalités d’intelligence artificielle ne sont que quelques exemples de cas d’usage. Les données de communication peuvent également être combinées à d’autres informations pour améliorer des domaines tels que l’analyse en magasin, le sport et le divertissement, ainsi que d’autres cas d’usage où la rapidité est déterminante.
C’est une bonne décision pour Mitel car, pour reprendre les mots de l’illustre Wayne Gretzky, il est important de patiner vers l’endroit où le palet va arriver plutôt que vers celui où il se trouve actuellement. Le paysage de l’UCaaS est établi et le partenariat avec RingCentral atteint deux objectifs. Il offre à Mitel une option solide et viable pour ses clients et lui permet d’investir dans le cloud edge et hybride, un marché qui est encore en devenir. Cela devrait aider Mitel à répondre dès maintenant aux besoins de ses clients tout en la positionnant pour l’avenir des communications cloud.

