Acheter un robot à Qingdao ressemble désormais un peu plus à l’achat d’une voiture qu’à la commande d’un énième gadget en ligne.
Qingdao, dans la province chinoise du Shandong, à l’est du pays, a ouvert son premier magasin d’expérience robotique 6S, permettant aux consommateurs d’interagir avec toute une gamme de produits robotiques et de les tester, rapporte Xinhua.
Le magasin réunit six fonctions sous un même toit : vente, pièces détachées, service après-vente, études, location et personnalisation. Les visiteurs peuvent regarder des robots effectuer des démonstrations, jouer aux échecs chinois contre l’un d’eux, piloter une machine qui joue au football et essayer un robot-jouet en forme de chien, rapporte Xinhua.
Ce format permet aux consommateurs de découvrir les robots avant de décider d’en acheter, d’en louer ou d’en personnaliser un. Il crée également un lieu physique où fabricants et clients peuvent observer les performances des machines en dehors d’une démonstration produit contrôlée.
La Chine fait entrer les robots dans les espaces du quotidien
Cette ouverture illustre unvirage plus large dans la stratégie robotique de la Chine. Plutôt que de cantonner les robots aux usines et aux laboratoires de recherche, les entreprises les installent de plus en plus dans des environnements ouverts au public, où chacun peut les voir, les toucher et les expérimenter.
Cette approche gagne du terrain dans tout le pays. Hong Kong s’apprête à ouvrir un magasin de proximité ouvert 24 heures sur 24géré par un robot humanoïde appelé « Xiao Gai », un projet destiné à rendre l’IA incarnée plus visible dans les commerces du quotidien. Shenzhen développe également ce qu’elle décrit comme lepremier hôtel entièrement géré par des robots au monde, où les robots devraient prendre en charge l’enregistrement, la livraison des bagages, le service en chambre, le nettoyage et la sécurité.
Pris ensemble, ces projets suggèrent que la Chine considère le commerce et l’hôtellerie comme desterrains d’expérimentation pour une robotique destinée au grand public, où l’acceptation par le public pourrait être tout aussi importante que les performances techniques.
Le test grandeur nature dans le commerce
Le modèle 6S de Qingdao pourrait se révéler utile, car acheter un robot ne revient pas à acheter un téléphone ou un appareil électroménager. Les consommateurs peuvent avoir besoin de voir ce qu’une machine sait réellement faire, de comprendre les exigences d’entretien et de déterminer si elle convient à une tâche particulière avant de dépenser leur argent.
Le modèle en six volets s’attaque également à un problème pratique : la propriété ne s’arrête pas au moment de l’achat. Les pièces détachées, l’entretien, la location et la personnalisation pourraient devenir tout aussi importants que les machines elles-mêmes à mesure que lesrobots se généralisent.
Cela dit, la technologie reste confrontée à des limites. De nombreuxrobots de service restent spécialisés, nécessitent une maintenance et une assistance logicielle, et peuvent avoir du mal à gérer les situations imprévisibles du monde réel. L’enjeu n’est plus seulement de construire des robots performants, mais aussi de bâtir l’écosystème qui convaincra les gens ordinaires qu’ils sont suffisamment utiles pour être adoptés à la maison.
À mesure que la Chine installe des robots dans les magasins, les hôtels et les centres d’expérience dédiés, le prochain défi pourrait moins consister à rendre les machines impressionnantes qu’à les rendre banales. Le magasin 6S de Qingdao constitue un premier test pour déterminer si les démonstrations, le service et l’accès pratique peuvent transformer la curiosité pour les robots en demande réelle.
À lire aussi : WIRobotics a soumis son robot humanoïde ALLEX à un test avec une perceuse électrique, mettant en évidence les efforts déployés pour rendre les robots capables de manipuler des outils et d’accomplir des tâches pratiques dans le monde réel.

