Nvidia est devenue la première entreprise de l’histoire à dépasser une capitalisation boursière de 5 000 milliards de dollars.
Cette étape marque un nouveau jalon dans son ascension comme force dominante de la révolution mondiale de l’intelligence artificielle.
Les actions du fabricant de puces ont bondi de plus de 3 % à l’ouverture des marchés le 29 octobre, prolongeant son parcours remarquable comme principal bénéficiaire de l’essor de l’IA.
Cette valorisation record souligne le rôle central que jouent les unités de traitement graphique (GPU) de Nvidia dans l’alimentation des modèles d’IA dans tous les secteurs — de l’informatique en nuage aux véhicules autonomes.
Trump suscite un regain d’optimisme concernant les relations avec la Chine
L’enthousiasme des investisseurs a été renforcé par les déclarations du président Trump, qui a évoqué des avancées dans les relations tendues entre Nvidia et la Chine. Avant une rencontre prévue avec le PDG Jensen Huang, Trump a déclaré qu’ils allaient « parler des Blackwell », en référence aux puces d’IA de nouvelle génération de Nvidia.
Selon plusieurs informations, une version modifiée de la puce Blackwell pourrait être autorisée à l’exportation vers la Chine, ce qui pourrait apaiser les tensions technologiques entre les États-Unis et la Chine. Le dernier rapport financier de Nvidia (27 août) ne faisait état d’aucune vente de ses anciennes puces H20 à la Chine, malgré un projet d’accord avec la Maison-Blanche autorisant des exportations limitées en échange d’une part de 15 % des revenus — un plan que Nvidia a déclaré ne pas avoir encore finalisé.
Tout nouvel accès au vaste marché chinois du matériel d’IA représenterait une importante opportunité de croissance, alors que Pékin poursuit activement le développement de l’IA nationale.
Expansion et partenariats
Le moment historique de Nvidia a coïncidé avec d’importantes annonces faites lors de son événement GTC à Washington, D.C., où Huang a décrit l’entreprise comme le moteur d’une « nouvelle révolution industrielle » portée par les infrastructures d’IA et des « usines d’IA qui génèrent de l’intelligence à grande échelle ».
Parmi les principaux faits marquants :
- Superinformatique : collaboration avec le département de l’Énergie des États-Unis pour construire sept nouveaux superordinateurs, dont un équipé de 10 000 GPU Blackwell.
- Nouveaux partenariats industriels : accords avec Uber pour des flottes autonomes et avec Eli Lilly pour la découverte de médicaments grâce à l’IA.
- Innovation dans les télécommunications : partenariats avec Nokia, Cisco et T-Mobile pour accélérer le développement des réseaux 6G.
- Intégration en entreprise : alliances avec Oracle et Palantir pour intégrer l’IA de Nvidia aux systèmes d’entreprise.
- Saut quantique : présentation de NVQLink, une architecture ouverte qui fait progresser la superinformatique quantique en collaboration avec Rigetti et IonQ.
Ces initiatives renforcent la stratégie de Nvidia visant à placer ses plateformes au cœur de toutes les grandes frontières technologiques — de la santé aux télécommunications, en passant par la recherche avancée.
Performances financières et contexte de marché
La croissance de Nvidia continue de dépasser les attentes. L’entreprise a annoncé plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours du premier semestre et prévoit 500 milliards de dollars de ventes de GPU d’ici 2026.
Son action a bondi de plus de 50 % en 2025, doublant depuis avril malgré la volatilité qui a suivi les annonces tarifaires du « Liberation Day » de Trump. Ce rallye a également propulsé le S&P 500 vers de nouveaux sommets. Au 29 octobre, l’action Nvidia s’échangeait à 210,09 dollars, en hausse de 4,51 % sur la journée.
La concurrence s’intensifie dans la course aux puces d’IA
Nvidia reste certes le leader incontesté, mais la concurrence s’intensifie. AMD a récemment conclu des accords avec OpenAI portant sur jusqu’à 6 gigawatts de processeurs d’IA, ainsi qu’avec Oracle pour 50 000 GPU. Qualcomm s’est également lancé dans la course avec de nouvelles puces accélératrices d’IA destinées aux centres de données.
Dans le même temps, les principaux clients de Nvidia — Amazon, Google et Microsoft — développent leurs propres puces d’IA afin de réduire leur dépendance au matériel de Nvidia, une tendance qui pourrait remettre en cause sa part de marché à long terme.
Nvidia reste toutefois sans rival tant sur le plan technologique que sur celui de la rentabilité. Sa domination souligne non seulement l’ampleur de la révolution de l’IA, mais aussi l’importance géopolitique et économique des puces qui la rendent possible.
Au début du mois, lors du sommet mondial de l’Open Compute Project (OCP), Nvidia a présenté ses projets pour ce qu’elle appelle des «usines d’intelligence artificielle à l’échelle du gigawatt.”

