OpenAI découvre le compte ChatGPT secret d’un tireur de masse

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Image: Levart_Photographer/Unsplash

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eWEEK Staff
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Feb 27, 2026
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La foudre a frappé deux fois à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, au début du mois.

D’abord dans l’immobilité inquiétante d’une salle de classe où huit vies ont été fauchées. Puis dans les couloirs du pouvoir à Ottawa, où des responsables ont exigé de la Silicon Valley des réponses sur ce qu’un chatbot savait et à quel moment il l’avait su.

Alors que le Canada fait face à l’une des pires tueries en milieu scolaire de son histoire, l’attention s’est déplacée des enquêtes médico-légales vers la trace numérique laissée sur ChatGPT. OpenAI, l’entreprise au cœur des débats actuels, a confirmé qu’avant le massacre du 10 février, elle avait signalé et banni pour contenu violent un compte appartenant au tireur, selon l’Associated Press.

Cependant, l’entreprise n’avait pas alerté les forces de l’ordre à ce moment-là. Cette décision, ainsi que le fait que le suspect ait ensuite créé un deuxième compte, a incité les dirigeants canadiens à réclamer de nouveaux protocoles sur la manière dont les entreprises d’IA traitent les menaces potentielles.

Que s’est-il passé avant la tuerie ?

En juin 2025, environ huit mois avant la tragédie, les systèmes internes de détection des abus d’OpenAI ont signalé un compte ChatGPT lié à Jesse Van Rootselaar, une jeune femme de 18 ans dont les messages contenaient des descriptions inquiétantes de scénarios violents.

L’examen mené par l’entreprise a conclu que le compte enfreignait les règles d’utilisation et celui-ci a été banni. Cependant, OpenAI a déclaré ne pas avoir transmis le dossier à la Gendarmerie royale du Canada à l’époque, expliquant que le contenu n’atteignait pas le seuil requis pour un signalement — plus précisément, il n’existait aucun projet « crédible et imminent » de causer de graves dommages physiques.

À l’insu des autorités à l’époque, Van Rootselaar a ensuite créé un deuxième compte ChatGPT qui a lui aussi échappé à la détection. Ce fait n’a été découvert qu’après que la police l’a publiquement désignée comme suspecte dans la tuerie de Tumbler Ridge. Lors de cette attaque du 10 février, huit personnes — dont des enfants et un membre du personnel éducatif — ont été tuées avant que la suspecte ne se suicide.

Dans une lettre adressée à Ottawa, OpenAI a exposé les mesures qu’elle dit prendre en réponse.

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L’entreprise a déclaré qu’elle renforcerait ses systèmes afin de mieux détecter les tentatives de contournement des bannissements, ajusterait ses seuils internes pour que des cas comme celui-ci déclenchent désormais un signalement aux forces de l’ordre, et établirait des points de contact directs plus clairs avec les autorités canadiennes.

La vice-présidente chargée de la politique mondiale chez OpenAI, Ann O’Leary, a déclaré que si ces protocoles mis à jour avaient été en place auparavant, le premier compte aurait été signalé à la police.

La pression du Canada en faveur de la reddition de comptes

Les responsables canadiens ont clairement fait comprendre qu’à leurs yeux, il s’agit de bien plus qu’une simple mise en ordre interne de l’entreprise.

Le ministre de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, a convoqué à Ottawa de hauts représentants d’OpenAI chargés de la sécurité afin qu’ils expliquent les décisions de l’entreprise et ses protocoles de sécurité. Solomon a déclaré être profondément troublé par le retard pris dans le signalement et a souligné que toutes les options politiques, y compris la réglementation des chatbots d’IA, étaient à l’étude pour protéger la sécurité publique.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a fait écho à ces préoccupations, affirmant que, vu de l’extérieur, il « semble » qu’OpenAI avait eu la possibilité d’empêcher cette tragédie en alertant plus tôt les autorités. Il a demandé une présentation détaillée des critères d’escalade de l’entreprise ainsi qu’une collaboration accrue en matière de sécurité publique.

Le débat se situe désormais à l’intersection de la vie privée, de la technologie et de la sécurité publique. OpenAI défend ses protocoles comme un équilibre entre le respect de la vie privée des utilisateurs et la lutte contre les préjudices dans le monde réel.

L’entreprise souligne que les signalements facultatifs aux forces de l’ordre ont toujours reposé sur un seuil élevé, qui, selon elle, n’était pas atteint dans ce cas. Malgré tout, grâce à de nouveaux systèmes et à la promesse d’une collaboration plus étroite avec les forces de l’ordre, elle entend montrer qu’elle a tiré les leçons d’une tragédie qui a bouleversé une nation.

Le débat lancé par le Canada pourrait bien résonner bien au-delà de ses frontières, alors que les gouvernements comme les entreprises technologiques cherchent à déterminer où la supervision de l’IA doit commencer et s’arrêter.

Pour en savoir plus sur les dernières initiatives d’OpenAI en matière de sécurité, consultez notre article consacré à son nouveau mode Lockdown conçu pour contrer les attaques par injection de prompt.

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