Le travail hybride est bien plus qu’une tendance ; il transforme notre manière de percevoir et de valoriser le lieu de travail. Employeurs et salariés explorent ensemble ce nouveau terrain, en trouvant un équilibre entre l’attrait de la collaboration en présentiel et l’autonomie du travail à distance. Malgré ses avantages, un écart notable subsiste entre les attentes des salariés quant à l’environnement de bureau nécessaire au travail hybride et l’état actuel de préparation des bureaux.
Pour étudier cette tendance, Cisco a récemment interrogé 3 500 salariés et 1 050 employeurs de sociétés de toutes tailles dans sept pays européens : la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni. Les résultats ont été publiés dans un rapport intitulé The Race to Reimagine Workplaces and Workspaces for a Hybrid Future, publié dans le cadre des activités de Cisco Live EMEA de l’entreprise.
L’enthousiasme est grand, mais la préparation accuse du retard
Le rapport fait le point sur l’état actuel des espaces de travail et du travail hybrides en Europe, en révélant à la fois l’enthousiasme suscité et les difficultés rencontrées. Il examine également les différences entre les réponses concernant les technologies utilisées par les baby-boomers, la génération X, les millennials et la génération Z, et déconstruit les idées reçues sur l’attitude des salariés à l’égard du travail hybride.
L’enthousiasme pour le retour au bureau est évident, porté par la perspective d’une productivité et d’une collaboration accrues, ainsi que par un plus grand sentiment d’appartenance. Toutefois, les espaces de bureau sont loin d’être suffisamment préparés pour accueillir le travail hybride : seule une fraction des employeurs et des salariés estime que ses bureaux sont bien équipés pour cette nouvelle façon de travailler. Le rapport souligne l’urgence de repenser les bureaux afin de mieux répondre aux besoins d’une main-d’œuvre multigénérationnelle.
Actuellement, près de 80 % des organisations européennes font travailler au moins 10 % de leurs effectifs selon un modèle hybride, et la moitié d’entre elles déclarent que plus de 30 % de leurs salariés viennent au bureau trois à quatre jours par semaine. Autre aspect important de cette évolution : un tiers des interactions au bureau impliquent désormais des travailleurs à distance, ce qui souligne la nécessité de disposer de technologies de collaboration. À mesure que cette évolution se poursuit, 83 % des employeurs s’attendent à ce que le travail hybride devienne la norme dans les deux prochaines années.
La préférence des salariés pour le travail à domicile s’explique principalement par leur désir de flexibilité et de confort. Les préférences varient notamment selon les générations. Les baby-boomers privilégient le travail au bureau, tandis que la génération Z et les millennials préfèrent les modalités à distance et hybrides. Selon les résultats, 68 % des employeurs ont reçu des retours positifs concernant les obligations de retour au bureau, et 74 % des salariés expriment une opinion favorable.
Pour en savoir plus sur la manière dont les entreprises modernisent le lieu de travail, consultez notre article : Guide de la transformation numérique
La nécessité d’espaces collaboratifs et d’une infrastructure technologique
Il existe un écart important entre les attentes des salariés vis-à-vis de leur environnement de bureau et ce qui est actuellement disponible, en particulier dans les domaines essentiels au travail hybride, comme les espaces collaboratifs et l’infrastructure technologique.
Seuls 32 % des employeurs et 37 % des salariés estiment que leurs espaces de bureau sont bien préparés au travail hybride. Cela s’explique par le fait que les aménagements actuels ne favorisent pas suffisamment la productivité au bureau, la plupart des espaces étant constitués de postes de travail. Salariés et employeurs jugent les postes de travail individuels et les salles de réunion seulement moyennement efficaces, ce qui souligne la nécessité de moderniser la conception des espaces de bureau. Ces données ne sont pas vraiment surprenantes, car de nombreux bureaux européens n’ont pas bénéficié d’une mise à niveau technologique significative depuis des décennies.
Repenser les espaces de bureau pour répondre aux attentes d’une main-d’œuvre multigénérationnelle peut s’avérer difficile, car les perceptions de l’efficacité des salles de réunion varient. Les principales raisons invoquées pour expliquer l’inefficacité perçue des salles de réunion sont les suivantes :
- Absence de vidéo et d’audio (42 %)
- Qualité audiovisuelle médiocre (37 %)
- Manque d’inclusivité et de cohérence pour les participants à distance (26 %)
Fait surprenant, moins de la moitié des salles de réunion des immeubles de bureaux sont équipées de fonctions vidéo et audio. En outre, salariés et employeurs s’inquiètent du manque d’intégration fluide entre les outils de collaboration : seuls 10 % des salariés de la génération Z jugent les outils actuels véritablement intégrés.
Le rapport souligne également que la durabilité est étonnamment peu prise en compte dans la modernisation des bureaux, malgré l’importance croissante des pratiques respectueuses de l’environnement dans la stratégie des entreprises. Seuls 45 % des employeurs et 36 % des salariés considèrent les pratiques écologiques comme une priorité absolue lors de la refonte des espaces de travail. Ce manque d’attention pourrait contribuer à l’augmentation des surfaces de bureaux.
Malgré cette tendance, les employeurs restent concentrés sur l’amélioration de l’expérience des salariés grâce à la modernisation des bureaux. La plupart des employeurs (90 %) et des salariés (87 %) estiment qu’il existe un lien positif entre l’aménagement de l’espace de travail et la satisfaction des salariés. Par ailleurs, plus des deux tiers des employeurs s’efforcent d’assurer une transition fluide entre l’environnement domestique et le bureau.
Les mesures de soutien courantes comprennent :
- Modalités de travail flexibles (50 %)
- Formation à l’utilisation des technologies (48 %)
- Amélioration de l’infrastructure réseau à domicile comme au bureau (42 %)
Les outils technologiques principalement fournis aux salariés comprennent :
- Plateformes de visioconférence (54 %)
- Messagerie instantanée et discussions d’équipe (52 %)
- Partage de documents dans le cloud (49 %)
- Gestion de projet (43 %)
- Salles de réunion virtuelles (33 %)
Simplifier l’expérience utilisateur reste un défi majeur pour permettre aux salariés d’utiliser efficacement ces outils. En effet, 75 % des salariés ne maîtrisent pas les outils de gestion de projet et de collaboration, tandis que 71 % présentent des lacunes en matière de visioconférence et 70 % en matière de partage de documents dans le cloud.
Conseils pour moderniser le travail hybride
Cisco formule plusieurs recommandations à l’intention des entreprises ayant adopté des modèles de travail hybrides. Il s’agit notamment de moderniser les espaces de réunion, de déployer des technologies et des solutions réseau adaptées au travail hybride, de repenser l’aménagement des bureaux pour améliorer la collaboration et d’intégrer la durabilité à la conception des espaces de travail.
Les entreprises de toutes tailles doivent s’attaquer aux problèmes de connectivité et garantir l’interopérabilité afin d’offrir une expérience de travail fluide et sans stress. En outre, Cisco recommande d’accélérer la mise en œuvre des stratégies de travail hybride pour les aligner sur les avancées technologiques, l’esthétique des espaces de travail et la culture d’entreprise.
Les entreprises doivent comprendre que la technologie seule ne suffit pas. Une formation et un accompagnement adéquats sont également nécessaires pour garantir une utilisation simple et une productivité accrue. Pour créer un environnement hybride optimal, il faut adopter une approche équilibrée, à la fois productive et durable, dans laquelle les salariés peuvent s’épanouir à l’ère nouvelle du travail.
En résumé : la nécessité de moderniser les espaces de travail hybrides
Au cours de l’année écoulée, de nombreuses entreprises ont imposé le retour de leurs salariés au bureau avant de devoir abroger cette obligation peu de temps après. Avant de sévir, les organisations devraient examiner les technologies de leurs bureaux afin de s’assurer qu’elles offrent une expérience de premier ordre. Investir dans ce domaine contribuera largement au bien-être des salariés, réduira le turnover, améliorera le moral et rendra tout le monde plus productif.
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