ChatGPT, le chatbot phare d’OpenAI, a atteint quelque 1 milliard d’utilisateurs actifs mensuels de l’application en mai 2026, selon les données de Sensor Tower, franchissant un nouveau cap alors que l’adoption de l’IA continue de s’étendre aux usages grand public et professionnels.
Ce cap met en évidence la place profondément ancrée de l’IA générative dans les tâches quotidiennes, de la recherche et de la rédaction au codage et à la recherche documentaire. Pourtant, si l’utilisation continue de progresser rapidement, les questions plus larges liées à la confiance, aux gains de productivité mesurables et à la gouvernance restent déterminantes pour l’adoption à long terme de cette technologie.
Ce que mesure l’estimation d’un milliard d’utilisateurs de l’application
Le chiffre de Sensor Tower couvre uniquement l’utilisation de l’application, et non l’audience totale de ChatGPT sur le web et mobile. OpenAI avait indiqué séparément compter plus de 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires à la fin février 2026, une mesure différente de l’ estimation de Sensor Tower pour l’application.
ChatGPT reste dominant en volume, mais ses rivaux progressent plus vite à partir de bases plus modestes. Sensor Tower estime à 62 % la croissance annuelle du nombre mensuel d’utilisateurs de l’application ChatGPT, contre 640 % pour Claude et 973 % pour Meta AI. Cet écart ne rapproche pas les concurrents de la portée de ChatGPT, mais il montre que le marché des assistants IA reste mouvant, notamment à mesure que des outils destinés aux développeurs tels que Claude Code offrent à ses rivaux un ancrage plus net dans les entreprises.
L’utilisation de l’IA s’étend, mais de manière inégale. Pew Research Center a indiqué en mars 2026 que 31 % des Américains interagissent avec l’IA au moins plusieurs fois par jour, contre 22 % en février 2024. Pew a également constaté que la moitié des adultes américains se disent davantage préoccupés qu’enthousiastes face à l’utilisation croissante de l’IA dans la vie quotidienne ; seuls 10 % se disent davantage enthousiastes que préoccupés.
Pourquoi le déficit de confiance est important pour les entreprises
Pour les acheteurs du secteur professionnel, l’utilisation à l’échelle du grand public n’est qu’un point de départ. Le véritable enjeu consiste à déterminer si les fournisseurs d’IA peuvent assurer le fonctionnement fiable de systèmes en production, notamment des agents de codage IA sécurisés qui opèrent dans le respect des contrôles de l’entreprise.
Les données sur l’utilisation professionnelle restent contrastées. Pew a constaté que 65 % des travailleurs américains déclarent utiliser peu ou pas du tout l’IA dans leur travail. Une étude de février 2026 du National Bureau of Economic Research fondée sur une enquête menée auprès d’environ 6 000 cadres a révélé que près de neuf entreprises sur dix n’avaient constaté aucun impact de l’IA sur la productivité au cours des trois années précédentes.
La poursuite de l’utilisation ne signifie pas non plus une confiance aveugle. Nombre d’utilisateurs semblent adopter une position pragmatique : utiliser l’IA lorsqu’elle est utile, vérifier ses résultats et maintenir le jugement humain dans la boucle pour les décisions importantes. Les responsables informatiques gèrent déjà ce comportement à travers l’IA fantôme, l’expérimentation des employés et la pression exercée sur les fournisseurs.
L’ampleur de ChatGPT en fait donc un problème de gouvernance : les organisations doivent définir quelles données peuvent être introduites dans les outils d’IA, quels résultats doivent être vérifiés et quels cas d’usage sont suffisamment sûrs pour la production.
Pour OpenAI et ses rivaux, la prochaine phase sera moins évaluée à l’aune de la dynamique des téléchargements qu’à celle de preuves concrètes auprès des entreprises, de la fiabilité des modèles à la préparation des données nécessaire pour déployer l’IA à grande échelle en toute sécurité. Les acheteurs voudront des contrôles de sécurité plus clairs, des limites concernant l’utilisation des données, une supervision administrative et des gains de productivité mesurables.
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