À Pékin, un robot humanoïde qui poursuivait une balle de tennis a perdu l’équilibre, basculé en arrière, roulé sur lui-même, pris appui pour se redresser, puis s’est remis à jouer immédiatement.
Cette récupération a été l’un des moments les plus révélateurs des Jeux mondiaux des robots humanoïdes 2026.
Le robot de Galbot échangeait des balles avec des joueurs humains lors de démonstrations en simple et en double mixte, réunissant perception, équilibre, mouvement et prise de décision en une fraction de seconde au sein d’un même test en conditions réelles.
Le tennis transforme le contrôle des robots en test grandeur nature
Pendant la démonstration, le robot de Galbot s’est accroupi, a glissé sur le court, s’est repositionné et a renvoyé des coups droits et des revers avant de se relever après sa chute, selon le South China Morning Post.
Le robot a affronté l’ancienne championne de tennis Zheng Jie et l’acteur Li Yunrui. Galbot a décrit son système comme entièrement autonome et a développé sa technologie de tennis sous-jacente avec des chercheurs de l’université Tsinghua.
Le tennis est devenu un terrain d’essai utile pour le contrôle des humanoïdes, car presque rien n’y reste immobile. Un robot doit détecter une balle qui arrive, prédire sa trajectoire, se placer, stabiliser son corps et synchroniser sa frappe avant que le coup suivant ne survienne.
Les chercheurs à l’origine du système LATENT avaient auparavant présenté une approche similaire sur un Unitree G1. Leur article de recherche décrit une politique entraînée à partir de fragments imparfaits de mouvements humains, capable de renvoyer des balles dans des conditions variées et de maintenir des échanges de plusieurs coups avec des personnes.
Les sports rendent aussi les échecs particulièrement visibles. Une décision de perception prise trop tard se traduit par une balle manquée. Un équilibre défaillant entraîne une chute. Une mauvaise récupération peut mettre fin à la démonstration.
Le fait que Galbot se soit relevé n’a pas prouvé que le robot pouvait gérer toutes les situations imprévues, mais cela a démontré quelque chose qu’une routine parfaitement chorégraphiée ne peut pas montrer : la capacité à récupérer lorsque le mouvement prévu déraille.
Les athlètes robots vont plus vite, mais les références doivent être contextualisées
Galbot n’était que l’un des 2 056 robots inscrits par 666 équipes pour ces Jeux de cinq jours. Les organisateurs pékinois recensent 51 épreuves et 1 301 sessions de compétition, allant de l’athlétisme et du football aux arts martiaux et aux défis en conditions réelles.
Certaines des principales manchettes sont venues de la piste. L’Associated Press a rapporté qu’un humanoïde chinois avait bouclé le 100 mètres en 9,39 secondes, plus vite que le record du monde humain d’Usain Bolt, établi en 9,58 secondes. Un autre robot a enregistré un saut sans élan de 2,88 mètres.
Ces chiffres sont frappants, mais les records des robots et ceux des humains ne sont pas toujours directement comparables. Un saut robotique sans élan est fondamentalement différent d’un saut en hauteur de type olympique, tandis que les résultats sur sprint dépendent du règlement de la course, des méthodes de chronométrage, des procédures de départ et de la capacité du robot à s’arrêter après avoir franchi la ligne.
D’autres démonstrations récentes montrent combien cette distinction est importante. Le robot Superman de Unitree a atteint une vitesse de pointe annoncée de 45,6 km/h, tandis que Ace de Sony AI a défié des joueurs de tennis de table de haut niveau grâce à un système robotique hautement spécialisé plutôt qu’à un corps humanoïde.
La direction la plus intéressante pour les sports robotiques n’est donc pas de savoir si les machines peuvent accumuler des records humains non officiels. Les courts, les pistes et les terrains de jeu offrent aux ingénieurs des environnements reproductibles où perception, locomotion, coordination, récupération et prise de décision peuvent toutes être mises à l’épreuve simultanément.
La chute de Galbot pourrait finalement être aussi instructive que l’un des sprints records des Jeux. Les robots rapides sont impressionnants. Les robots capables de réagir lorsque les choses ne se déroulent plus comme prévu sont plus difficiles à concevoir.
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