Lors du discours liminaire prononcé par le PDG de Microsoft, Satya Nadella, à l’occasion de l’événement Microsoft Build, le 19 mai, un employé de Microsoft a interrompu l’intervention pour protester contre la complicité présumée de l’entreprise dans la guerre à Gaza, a rapporté The Guardian.
« Satya, et si tu montrais comment Microsoft tue des Palestiniens ? » a crié Joe Lopez, un ingénieur firmware de Microsoft qui travaillait sur Azure. Des agents de sécurité ont rapidement expulsé Lopez du site.
Plus tard dans la journée, Lopez a envoyé un courriel à toute l’entreprise pour défendre ses actes. « En tant que l’une des plus grandes entreprises au monde, Microsoft dispose d’un pouvoir incommensurable pour faire ce qui est juste : exiger la fin de cette tragédie insensée, ou bien cesser notre soutien technologique à Israël », indiquait le courriel, selon The Guardian.
L’AP a rapporté que Microsoft a licencié Lopez.
Une contestation interne croissante et la réaction des militants
La protestation de cette semaine n’était pas la première à viser les contrats de Microsoft avec Israël.
Le 6 avril, Ibtihal Aboussad et Vaniya Agrawal ont interrompu un événement organisé pour le 50e anniversaire de Microsoft, accusant le PDG de l’IA de l’entreprise, Mustafa Suleyman, d’être un profiteurf de guerre. Ces deux employés de Microsoft ont été licenciés.
Le 15 mai, un groupe animé par des salariés, appelé No Azure for Apartheid (Noaa), manifestait à l’extérieur contre les contrats de Microsoft avec l’armée israélienne dans les domaines de l’IA et du cloud computing Azure. Par ailleurs, l’organisatrice de Noaa, Anna Hattle, a envoyé ce jour-là un courriel à la direction de l’entreprise, affirmant que la technologie de Microsoft permettait un « génocide… à une bien plus grande échelle ».
Microsoft nie tout rôle dans les violences à Gaza
Le 15 mai, Microsoft a publié un billet de blog intitulé « Questions relatives aux services technologiques en Israël et à Gaza ». Tout en reconnaissant ses contrats commerciaux avec Israël, Microsoft a affirmé que l’entreprise n’avait « trouvé à ce jour aucune preuve que les technologies Azure et d’IA de Microsoft aient été utilisées pour prendre pour cible ou blesser des personnes dans le conflit à Gaza ».
Microsoft a confirmé avoir fourni un « soutien d’urgence limité » après les attaques du Hamas du 7 octobre afin de contribuer aux efforts de libération des otages, ajoutant que ce soutien avait été proposé sous une « supervision importante » et ne contrevenait pas à ses politiques éthiques. Microsoft a toutefois déclaré ne pas avoir de visibilité sur la manière dont ses clients utilisent ses logiciels sur leurs propres serveurs ou autres appareils.
Les militants ont contesté les assurances de Microsoft concernant Gaza. « Aucune forme de vente de technologie à une armée raisonnablement accusée de génocide… ne saurait être éthique », a déclaré Hossam Nasr, ancien employé de Microsoft et organisateur de Noaa, dans un entretien avec GeekWire. Il a également souligné que le communiqué de Microsoft ne mentionnait ni les Palestiniens, ni la Palestine, ni le peuple palestinien.

