Uber Eats, en partenariat avec Starship Technologies, plante son drapeau de la livraison autonome en Europe avec le déploiement de robots de livraison sur les trottoirs au Royaume-Uni.
Cette collaboration, qui débutera en décembre à Leeds et Sheffield, permettra de livrer les commandes de certains commerçants passées dans l’application Uber Eats au moyen de robots à six roues capables de parcourir trois kilomètres en moins de 30 minutes.
« Ensemble, nous construisons l’infrastructure qui définira la prochaine génération de la logistique urbaine », a déclaré Ahti Heinla, cofondateur et CEO de Starship Technologies, dans un communiqué. « Uber Eats a bâti la première plateforme de livraison au monde, avec la plus vaste couverture, et bénéficie de la confiance de millions de personnes dans 10 000 villes. Nous apportons une technologie autonome évolutive, rentable à l’échelle d’une ville. »
Uber indique qu’une expansion plus large du service en Europe est prévue pour 2026, avant une arrivée dans d’autres marchés américains en 2027.
Changer d’échelle pour un avenir autonome
Cet accord constitue une nouvelle étape dans les efforts menés de longue date par Uber pour automatiser certaines composantes de son réseau logistique. Uber Eats a déjà travaillé avec Serve Robotics et Avride sur des projets pilotes de livraison autonome, mais ce partenariat fait passer les essais à petite échelle de l’entreprise à une stratégie de long terme.
Des analystes estimant que la livraison représentera 47 % de ses réservations brutes en 2025, Uber cherche à renforcer ce volet de son activité en réduisant sa dépendance aux livreurs humains, en raccourcissant les délais de livraison et en améliorant la régularité du service d’un marché à l’autre.
« La livraison autonome est un aspect prometteur de l’avenir que nous envisageons pour Uber Eats », a déclaré Sarfraz Maredia, responsable mondial de l’activité Autonomous chez Uber, en annonçant le partenariat. « Avec Starship, nous donnons vie à cet avenir sur plusieurs continents, en tirant parti de l’envergure mondiale d’Uber et de l’autonomie éprouvée de Starship pour offrir partout aux consommateurs et aux commerçants des expériences efficaces et abordables. »
Pour Starship, qui exploite déjà plus de 3 000 robots dans plusieurs pays, ce partenariat lui permet immédiatement de changer d’échelle grâce à l’un des plus grands services de livraison de repas au monde. Il donne également à Starship accès à des données de commande plus riches et à des environnements urbains plus variés, deux éléments qui renforcent les boucles d’entraînement à l’origine de ses systèmes de navigation et de calcul d’itinéraire.
Starship affirme avoir déjà obtenu les autorisations réglementaires dans sept pays et avoir démontré l’efficacité de sa technologie à l’échelle urbaine. Grâce à l’accord avec Uber Eats, qui lui apporte une forte visibilité et l’accès à des volumes de commandes plus importants, cette collaboration pourrait accélérer les échanges avec les autorités et l’expansion de ses flottes dans de nouvelles villes.
Une légion de robots de livraison sur les trottoirs
Plusieurs groupes de recherche qui suivent l’automatisation du dernier kilomètre soulignent que les partenariats entre grandes plateformes, comme celui-ci, tendent à accélérer l’adoption sur les marchés locaux. Par exemple, un article de 2024 paru dans la revue European Transport Research Review a conclu que les projets pilotes de livraison autonome s’étendent souvent lorsque de grandes plateformes de livraison arrivent dans une zone, ce qui accroît l’intérêt des municipalités et intensifie la concurrence entre les entreprises de robotique.
En Europe, des entreprises comme Delivers.ai et Kiwibot sont déjà actives dans des quartiers universitaires et certaines zones commerciales. L’arrivée d’Uber Eats ajoute au secteur un opérateur à fort volume. L’étude souligne également que les déploiements soutenus par les plateformes incitent souvent les villes à formaliser les règles d’exploitation des robots circulant sur les trottoirs.
À mesure que davantage de villes adoptent des normes plus claires pour les opérations autonomes, le paysage concurrentiel passe de projets pilotes isolés à des déploiements commerciaux plus larges.
La livraison robotisée ne représente encore qu’une faible part de la logistique mondiale du dernier kilomètre, mais la récente multiplication de partenariats similaires témoigne d’un marché qui passe de l’expérimentation à un déploiement structuré. Les robots de trottoir restent surtout viables sur les trajets courts, dans les zones urbaines faciles à parcourir à pied, où ils peuvent se déplacer à des vitesses prévisibles et éviter les goulots d’étranglement de la circulation.
Au cours des prochaines années, les analystes s’attendent à voir coexister des flottes mixtes de livreurs humains, de petits robots de trottoir et de véhicules autonomes, l’autonomie prenant en charge les trajets répétitifs et peu complexes.
Parallèlement, le projet d’Uber de lancer des robotaxis à San Francisco avec des véhicules Lucid équipés de la technologie de conduite autonome de Nuro montre comment les plateformes de VTC considèrent l’autonomie comme un levier de croissance essentiel.

